Nolwen raconte: Mes années collège (2)

Je ne demandai pas mon reste et je filai à la cuisine prendre mon goûter. Le compte à rebours était lancé mais j’étais contente d’avoir sauvé mes fesses pour le week-end, à condition de ne pas me trahir par des paroles dépassant ma pensée, sur une insolence ou un coup de colère. Je me réfugiai ensuite dans ma chambre pour faire mes devoirs. Je n’avais que quelques révisions, mais ce n’était pas le moment de se faire reprendre par Maman.

Elle s’occupait des devoirs de ma sœur cadette Manon, à l’époque au CE1. Celle-ci a toujours eu moins de facilités que Gaëlle ou moi pour l’apprentissage scolaire et ce soir-là, cela semblait un peu délicat pour ma cadette. Tout à coup, j’entendis clairement la voix de notre chère mère qui élevait le ton et celle suppliante de ma sœurette. Ma chambre que j’aimais beaucoup, spacieuse pour une fillette de 11 ans, se situait au rez-de-chaussée, à côté du bureau de Papa et pas très loin du salon, aussi je les entendais parfaitement.

« Manon ! Tu te moques de moi ou quoi? C’est la deuxième fois que tu fais cet exercice de calcul et tu refais la même erreur! Tu me prends pour une idiote ? »

« Non, noonnn M’mannn, j’te promets, j’ai juste pas fait attention, j’le r’fais toute d’suite, promissss…M’man ! »

« En effet, tu vas le refaire et sans erreur, sinon…… »

Maman sans finir sa phrase, avait dû faire son geste habituel de menace, qui nous connaissions toutes par cœur et qui signifiait « Sinon, gare à tes fesses, ma cocotte »! Après un bon quart d’heure plus tard, j’entendis ma frangine implorer notre chère mère :

« Nonnnnn….Nonnnn….M’mannn ! Pas la fesséeeee…j’t’en supplie, M’mannn ! »

Réaction bien inutile lorsque Maman est décidée à faire passer son message. La réponse ne se fit pas attendre, ni la suite :

« Oh mais si ma p’tite puce, une bonne fessée te fera le plus grand bien, pour que tu te concentres sur ton travail. »

« Nonnnn…Nonnnn…M’mannn !!! Pas la culotteeee…. S’te plaîtttttt, M’mannnn ! »

« Bien sûr que si, ma cocotte, tu sais très bien que je baisse toujours la culotte pour une bonne fessée, même à l’extérieur.»

La messe était dite pour sœurette. Le bruit des claques me parvint aux oreilles, accompagné des cris de Manon. Je n’osai pas bouger, n’ayant pas été invitée contrairement à d’autres occasions. Je n’avais pas envie de tenter le diable et cela sonnait trop comme une répétition de ce qui m’attendait le lundi soir. La dégelée ne fût pas très longue mais suffisamment forte pour que ma sœur hulule à souhait. Je devinais qu’elle devait danser sur place en frottant ses p’tites fesses, maintenant que Maman l’avait relâchée. Je finis par pointer le bout de mon nez à la porte du salon. Maman l’avait rassise de force sur sa chaise. En me voyant, elle me renvoya dans mes quartiers sur un ton n’appelant pas de réplique:

« Nolwen, tu n’as rien à faire là, je ne t’ai pas appelée, alors tu retournes dans ta chambre, sauf si tu en veux une aussi ?… »

J’eus le temps de voir que sœurette n’avait plus sa p’tite culotte qui gisait à côté de la chaise. Je filai aussitôt, tout en entendant Maman lui dire :

« Tant qu’à toi, Manon, tu me refais cet exercice en t’appliquant et sans aucune faute, ou je t’en colle une deuxième plus carabinée, c’est compris ? »

Ma frangine ne répondit pas. J’imagine qu’elle se remit aussitôt au travail. Pour ma p’tite sœur cette année de CE1 allait être délicate. Elle avait deux épées de Damoclès au-dessus des fesses, tout comme Gaëlle l’année suivante, Maman et la maitresse. La première était toujours très attentive aux devoirs, avec des conséquences cinglantes quand elle ne s’appliquait pas. Pour la seconde, ma Sœurette avait joué de malchance au tirage. Se retrouvant dans la classe de Mme Levasseur, l’affreuse, au moins en comparaison avec Mme Lévèque au CM2, beaucoup plus gentille, quoique sachant se faire respecter. Mme Levasseur avait une prédilection pour l’écriture de lignes pendant la récré, les mises au coin, les mots sur le carnet de liaison voire l’interpellation directe des parents à la sortie pour relater nos écarts ou bavardages. Avec Maman ou Tata, cela voulait dire une dégelée cul-nu devant tout le monde, que cette peau de vache contemplait avec un sourire goguenard!

Pour les mots sur le carnet, Maman écrivait en retour : « Chère Madame. Vu. Je vous remercie de m’avoir informée de cette punition. J’ai fait le nécessaire pour que cela se reproduise le moins souvent possible. » signé Mme Demaître. Depuis le début de l’année, Manon s’était chopée 4 mots avec autant de fessées maternelles à la clé et Tata Stéphanie, après avoir été interpelée, lui avait flanqué une déculottée devant l’école. Nous n’étions qu’à la moitié du premier trimestre, voilà pourquoi je vous dis que cette année me semblait bien mal partie pour elle!

Je réfléchis à mon mensonge. Je me dis que vu le courroux maternel contre Manon, ce n’était pas le moment d’avouer cette colle. De toute façon, il était trop tard, je lui avait déjà menti. Je savais pertinemment qu’elle ne retiendrait que cela… alors je fis l’autruche durant tout le week-end.

Le samedi matin, c’est ma plus jeune sœur qui se prit une courte dégelée pour un refus d’obéissance. Gaëlle trainait toujours pour aller faire sa toilette. Cette fois, cela lui valut d’être suspendue en l’air sous le bras de Maman, le bas de pyjama par terre. Tant qu’à moi, je me montrai aimable et serviable avec elle, ce qui ne manqua pas de l’étonner. A cette époque, je n’adoptais pas souvent ce genre d’attitudes. Elle m’interrogea avec ironie:

« Dis-moi, ma puce, ce n’est pas vraiment dans tes habitudes d’être aussi agréable… Aurais-tu fait quelque bêtise que je n’ai pas encore découverte ? »

« Oh non, M’man promis, c’est juste que j’ai envie d’être gentille avec toi… surtout après ce qui est arrivé à Manon hier soir et à Gaëlle tout à l’heure! »

« Très bien, ma chérie, je te félicite pour cette attitude. C’est tout de même plus agréable pour moi de te féliciter que de te déculotter pour une bonne fessée, non ? »

A suivre…

2 Réponses à “Nolwen raconte: Mes années collège (2)”

  1. Anne-Sophie dit :

    Bonjour Chloé,
    J’aime bien cet épisode de transition, bien que pas rassurant pour notre petite Nolwen…
    Car comme on dit, jamais 2 sans 3 !
    Maman Chloé sachant bien mener sa petite troupe, et corriger si besoin…
    Que d’angoisse pour votre petite Bretonne, de voir ses 2 sœurs fessées en moins de 24h !
    Et surtout se dire, qu’elle sera la prochaine sur les genoux de sa Maman…
    Anne-Sophie

    • Chloé dit :

      Rebonjour Anne-Sophie,
      Merci encore pour l’appréciation pour cette épisode de transition, même s’il n’est pas en effet pas très rassurant pour ma grande fille…d’ailleurs celle-ci en a conscience.
      Et vous avez parfaitement raison, avec le jamais 2 sans 3 et Nolwen se demande si elle a fait le bon choix, connaissant très bien les us et coutumes de Maman Chloé. Mais il est trop tard.
      Par conséquent les fessées de ses sœurs, ne peuvent que l’angoisser terriblement….
      En effet qui sera la prochaine? Vous le saurez un peu plus tard, même si je pense que vous avez une idée sur la suivante….
      Chloé

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