Vacances de Pâques chez Papy et Mamie, en compagnie de Maman (12)

Ces deux p’tites claquettes signifiaient qu’elle n’hésiterait pas à nous déculotter de nouveau pour une bonne fessée, et je le compris parfaitement. Je savais par ailleurs, même si je n’avais pas osé l’avouer à sœurette, qu’il était probable qu’en cas de bêtise on s’en prenne deux: une par Mamie et l’autre par Maman. Le principe de la double punition était en vigueur ici comme à la maison. Je n’en étais pas rassurée. Ma petite sœur ne l’avait pas encore réalisé mais allait très vite découvrir que chaque désobéissance pouvait valoir deux dérouillées. Voilà qui pouvait donner des sueurs d’angoisse!

Mamie ne voulut rien dire sur le repas, préférant garder la surprise. On fila dehors. Je voulais montrer à Stéphanie les animaux de la ferme. Elle était surexcitée à cette idée, beaucoup trop à mon goût. Alors, une fois dans la cour, je lui dis avec aplomb en utilisant, non son diminutif comme toujours, mais son prénom en entier:

« Calme-toi, Stéphanie, rappelle-toi de ce que j’t’ai dit en descendant, et fais attention à Maman pour le reste de la journée, sinon tu vas finir sur ses genoux pour une nouvelle rouste. Tu comprends ça ma belle ? »

« Voui, vouiiii, ma Clo, j’me calme, promis!»

Du haut de ses 6 ans, elle était trop mignonne. Elle me prit par la main et me suivit dans les méandres de la ferme. J’étais trop fière d’être la grande sœur à qui on fait confiance. On parcourut ensemble l’intégralité des installations. Je lui indiquai les endroits interdits, tels les hangars où se trouvaient les tracteurs et autres machines, très dangereuses pour des gamines de notre âge. Elle m’écoutait religieusement. Arrivées aux cages à lapins, elle les trouva tellement mignons qu’elle voulut en ouvrir une pour caresser le conil. Je réagis immédiatement:

« STEPH! Non, non! Surtout pas ma puce! Si Mamie te voit faire, c’est la fessée cul-nu direct, et dans la cour! Je sais que tu as très envie de les tenir dans tes bras et de les caresser, mais ne fais jamais ça sans la présence d’une grande personne, sinon crois-moi que tu t’en rappelleras… »

« Ok, grande sœur, mais ils sont trop chou quand même ? Non ? »

« Oui, sœurette, je suis d’accord avec toi mais je te préviens, c’est tout. Comme j’te l’ai dit,  il y a des règles ici, comme à la maison. Et il faut faire très attention au matériel et aux animaux. Tu ne l’sais pas encore, mais Mamie vend les lapins, les poules, les œufs sur le marché du mercredi et du samedi. Peut-être qu’elle nous y emmènera… Alors ces animaux sont très importants pour elle et pour la famille, donc on n’y touche pas sans la présence d’un adulte. T’as bien compris? »

« Voui, vouiii, te fâche pas Clo, mais ils sont vraiment trop mignons ! »

« Je sais, ma Steph. On retournera les voir plus tard. Allez ma belle, on continue la visite. »

Je l’emmenais vers l’aile que Tonton Maurice avait aménagée pour sa femme et ses filles. A ce moment, Évelyne et les jumelles revinrent avec la 4L de Mamie. Ma jeune cousine nous aperçut dans la cour, et descendit aussitôt de la voiture pour venir nous embrasser. Les jumelles, de très jolies jeunes filles de vingt ans, vinrent également nous dire bonjour. Sylvie souleva carrément de terre sœurette, ce qui la fit rire, et la couvrit de bisous. Christine m’enroula dans ses bras et m’embrassa comme du bon pain. Mamie et Maman étaient sorties de la maison en entendant la voiture. Les deux jumelles se précipitèrent vers leur tante, se jetèrent à son cou, presque à la renverser. Maman les enlaça et leur dit avec une petite touche d’ironie, en tapotant leurs popotins :

« Que vous êtes belles, mes chéries! Ça, c’est grâce aux bons soins que Tata Jacqueline a prodigué à vos jolies p’tites fesses quand vous étiez gamines! Et à ceux que Mamie et mon frère Maurice ont administré après mon départ, vous n’êtes pas d’accord?

Les jumelles apprécièrent modérément ce trait d’humour, qui leur rappelait de bien cuisants souvenirs. Néanmoins, Sylvie, ‘l’aînée’ des deux jumelles, c’est-à-dire la plus hardie, répondit, histoire d’avoir le dernier mot:

 « Mamie ne nous soignait pas comme toi. Elle utilisait pas sa main pour caresser nos fesses, mais ce vilain truc qui est accroché au clou, là. »

Notre cousine, rougissante, désigna le martinet qui pendait à l’entrée de la cuisine. L’instrument avait de quoi glacer le sang. Il était inratable pour quiconque entrait dans la maison. J’avais eu l’occasion de voir ses lanières siffler dans l’air pour atterrir  sur des popotins ou des cuisses dénudés. Autant dire que j’en avais très peur, même si Sœurette et moi étions encore trop jeunes pour y goûter.

« C’est normal ma chérie, Mamie n’a pas la même puissance que moi ou votre père, même si je la sais encore capable d’administrer une bonne fessée manuelle à des gamines. C’est très bien, cela vous a permis de bien grandir et j’en suis ravie. Vous êtes maintenant des jeunes filles sages et raisonnables, non? »

Christine répondit avec hésitation, toujours impressionnée malgré ses vingt ans par l’autorité naturelle que dégageait Maman.

« Bah…euh…oui, bien sûr Tata, mais parfois…euh, il arrive que Mamie le décroche encore… »

Les deux jumelles étaient rouges comme des pivoines, telle des gamines prises en faute. Maman mit un terme à leur embarras en déclarant:

« Mamie a raison de le décrocher quand c’est nécessaire, mais vous êtes aujourd’hui moins fofolles que certaines… Allez, j’arrête mes bavardages. Embrassez-moi. On va vous aider à décharger la voiture en attendant le reste de la troupe, d’accord ? »

Les jumelles acquiescèrent. Moi, je tremblais un peu sur mes jambes, ayant bien remarqué que Maman nous avait regardées fermement toutes les trois en parlant de « certaines »

A suivre…

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