Vacances de Pâques chez Papy et Mamie, en compagnie de Maman (11)

On rabattit en rougissant nos robes. Mamie nous regarda faire avec un sourire mi-affectueux mi-ironique puis précisa à Maman:

« Toi et tes choupettes, je vous ai mises toutes les trois dans ta chambre d’enfant. C’est la plus grande, vous y serez bien. Ton grand frère a rajouté deux lits pour ses nièces. »

« Merci Maman, mais j’espère que vous ne vous êtes pas donnés trop de mal. Je ne voudrais pas créer la pagaille dans la maison en venant avec mes sauterelles pour les vacances…»

« Tu plaisantes, ma chérie, nous sommes tous très contents de vous avoir ici pour quelques jours. Les jumelles sont parties avec la p’tite Évelyne faire des courses; les autres sont au champ. Installez-vous tranquillement. Tes belles-sœurs ont préparé le repas, enfin… sauf une qui ne sait rien faire d’autre que batifoler! »

Je compris que Mamie parlait de la mère des jumelles, qu’elle n’aimait pas beaucoup. Je savais que Maman avait dû élever ses nièces pendant 8 ans, avant de quitter la ferme avec son beau gendarme. Elle m’en avait parlé mais m’avait fait promettre de ne pas aborder le sujet. Pour une fois, j’avais tenu ma promesse!

Nous montâmes à l’étage pour découvrir la chambre, effectivement immense. C’était pour moi une première. Jusque-là, j’avais logé dans la chambre d’Évelyne, ce qui nous permettait de faire un peu les fofolles le soir… jusqu’au jour ou Mamie débarqua et fit passer un sale quart d’heure à nos p’tites fesses !

La chambre était belle. Nos lits, que l’oncle Maurice avait placés tête bêche, étaient face au grand lit de Maman. Sur le côté, il y avait deux énormes armoires bretonnes. Maman nous rendit nos p’tites culottes puis nous sortit deux shorts et maillots pour remplacer nos robes. Très organisée, elle nous donna ses consignes qui me rappelèrent étrangement celles de Mamie lors de mes premières vacances. Je tendis l’oreille car, pour avoir ignoré ses consignes, j’avais pris la première fessée cul-nu de mon aïeule et je m’en souvenais!

« Bon, les filles, vous prenez l’armoire de droite, moi celle de gauche. C’était d’ailleurs la mienne quand je vivais ici. Vous allez défaire vos valises me ranger tout correctement dans l’armoire, c’est compris ? »

A l’unisson, on répondit un « Voui, M’man, promis. » Maman, femme de gendarme, avait l’art et la manière de se faire comprendre! Le ton de Mamie était plus doux. A la réflexion, c’est peut-être pour cela que je ne l’avais d’abord pas prise au sérieux, au détriment de mon postérieur… Cette fois, on obtempéra mais cela nous ennuyait. On aurait largement préféré aller voir les animaux ou jouer dans la cour. Sœurette, déjà peu patiente et détestant le rangement, se mit à bougonner entre ses dents alors qu’elle faisait des allers et retours entre nos lits et l’armoire, mais notre mère avait l’oreille fine:

« Stéphanie, si tu continues à bougonner, tu vas faire un troisième tour sur mes genoux. Si tu veux que je baisse ta p’tite culotte, dis-le… Moi ça ne me dérange pas du tout de mettre à nouveau tes p’tites fesses à l’air pour une bonne fessée, et Mamie en profitera surement en t’entendant chanter ! »

« Non, non, M’man, j’arrête. Promis! »

« J’aime mieux ça, ma puce. Fais ton rangement en silence, sinon…. »

Maman agita sa main de façon significative, sans finir sa phrase, mais cela voulait bien évidemment dire: ‘gare à tes fesses, ma cocotte’! Ma frangine termina sa tâche sans ouvrir la bouche. Alors que nous descendions pour voir ce que nos tantes avaient préparé pour le déjeuner, je glissai tout bas à ma sœur :

« A ta place, je f’rais gaffe avec Maman pour le restant de la journée, parce que là, t’es passée tout près d’une troisième tournée! »

Pour une fois ma p’tite sœur me répondit sur le même ton. A l’époque, elle avait tendance à élever la voix, ce qui pouvait nous coûter quelques bonnes claquées à la volée pour messes basses. Maman, avec ses méthodes rigides, ne laissait rien passer et n’aimait pas les cachotteries.

« Vouais, j’sais mais ça m’ennuie de ranger tout le temps, c’est nul. »

« Je sais mais fais attention. Pour l’ordre, Mamie est comme Maman. J’ai pris une fessée de sa part pour ça quand je suis arrivée ici la première fois. Alors fais gaffe sinon  tu vas souvent nous montrer tes p’tites fesses! »

« Mamie aussi baisse la culotte ? »

« Bah, oui, bien sûr.  Ses fessées sont moins dures que celles de Maman, mais elle sait quand même y faire! Crois-moi. »

On entendit soudain la voix de Maman qui se trouvait derrière nous:

« Dites les filles, qu’est-ce-que vous vous racontez de si important, à voix basse, je peux savoir et participer ? »

Je répondis avec gentillesse et respect, coupant le pion à ma frangine et son tempérament volcanique:

« Non, non, rien d’important M’man, j’disais juste à Steph qu’on aiderait Mamie et les jumelles pour les animaux et que c’était vachement amusant. »

« Chloé, je t’ai déjà dit que l’on ne dit pas ‘vachement’ . On dit ‘très amusant’ ou ‘extrêmement amusant’. Et ensuite?»

« Pardon Maman, c’est venu tout seul. Bah, qu’on allait donner à manger aux lapins, aux poules et aux canards, puis ramasser les œufs en faisant attention de ne pas les casser. Voilà c’est tout…»

« Très bien, ma chérie. Tu as raison pour les œufs, il faut faire attention de ne pas les casser. Sinon, c’est Mamie qui casse vos p’tites fesses… et moi par la suite! »

« Euh…vouiiii, M’man.. d’ailleurs à Evelyne et moi, c’est déjà arrivé! »

« Bien ma puce, j’aime quand tu admets tes bêtises avec leurs conséquences fâcheuses pour ton p’tit derrière, même si ce n’est pas facile. Allez, on va voir Mamie avant que les autres n’arrivent ! »

Elle nous mit deux p’tites tapes symboliques par-dessus nos shorts pour nous faire avancer.

A suivre…

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