Un p’tit lutin bien vilain…

Rien ne laissait supposer l’incident.

Maman koala se promenait tranquillement sur la terrasse, échangeant avec un ami sur sa messagerie instantanée, sur tout et sur rien. Elle avait bien raconté quelques anecdotes illustrant la filouterie de son petit bonhomme, mais sur un ton badin où ne perçait que l’amour immense pour son lutin. Elle ne semblait ni agacée ni fâchée. Mais lorsque l’ami reçut le message suivant :

En parlant de ce gredin, il serait grand temps qu’il prenne sa douche…

Tout changea…

Elle eut beau appeler, elle ne vit rien apparaître. Deux fois, puis trois, au point que, fronçant les sourcils, elle fut contrainte de cesser la communication et de partir à la recherche de son galopin. Sa patience s’épuisait rapidement. Elle détestait quand il se mettait à faire la sourde oreille pour continuer ses jeux malgré les consignes, et ce n’était pas faute de le lui répéter souvent.

Si l’ami en question avait pu voyager par la pensée et se glisser tel un fantôme derrière les buissons et sur la pelouse, alors que Maman koala fouinait partout à la recherche de son petit renard, il aurait immédiatement senti son irritation croissante et aurait pensé :

« Mon bonhomme, je te conseille de vite sortir de ta cachette et de préparer tes excuses, sans quoi je ne donne pas cher de ton popotin ! »

La suite des événements devaient lui donner entièrement tort, car lorsque le garnement fut découvert derrière les arbustes, non seulement il ne s’excusa pas devant le visage sévère de sa Maman mais, comble de l’insolence, il se permit de lui tirer la langue !

Notre fantôme en est resté comme deux ronds de flan! Il a senti la colère, l’envie de réduire le gamin en purée, si l’on peut s’exprimer ainsi. Aussi n’en est-il que plus admiratif lorsqu’il voit Maman koala prendre une grande inspiration, comme pour chasser loin d’elle toute réaction brute de colère. Son visage n’en est pas moins éloquent et le p’tit injurieux, si fier un instant plus tôt de jouer les fanfarons, se dégonfle comme instantanément en croisant son regard. Lorsqu’elle le saisit par le bras pour le traîner manu militari vers la maison, il se laisse entraîner mais lance également des « pardon ! pardon ! » désespérés, parfaitement conscient de sa faute et de ce qui va tomber sur le versant le plus dodu de son anatomie.

« Ce n’est pas la peine de bafouiller des excuses qui ne veulent rien dire ! Je vais te montrer, moi, ce qui arrive aux petits garçon insolents qui refusent d’obéir et qui tirent la langue ! »

A ces mots, le fantôme s’est senti plutôt soulagé. Peut-être a-t-il craint que le regard déjà embué de larmes et les talents indéniables de comédien de Titouan ne viennent faire craquer sa maman, mais celle-ci n’a pas l’intention de se laisser avoir. Son lutin a largement franchi la ligne rouge, et il est visible que sa décision est prise et qu’elle a opté pour la sanction suprême. Il ne ressent aucune forme de compassion ou de mansuétude pour le vilain. A partir de là, il s’agit plutôt de curiosité, qui se mue en franc intérêt lorsqu’il voit Maman koala passer la porte vitrée du salon, s’assoir sur une chaise et, de ses doigts agiles, s’attaquer au bouton et à la fermeture éclair du bermuda. Une seconde plus tard, l’insolent gémit d’embarras alors que son short et son caleçon dégringolent jusqu’à ses genoux, dévoilant au grand jour ses petites fesses. Bien que fluet pour ses 9 ans, la nature l’a doté d’un petit derrière tout rond, bien rebondi, que la cuisine de Maman a parfaitement entretenu. Ces deux demi-sphères tendres, au teint mat, sont définitivement faites pour recevoir les claques qui rappellent aux chenapans le prix de l’insolence. Par ailleurs, sa petite taille fait que lorsque Maman koala le tire par le poignet pour le coucher en travers sur ses cuisses, ses pieds quittent le sol et flottent plusieurs centimètres au-dessus du carrelage, le bas du dos parfaitement offert à la main maternelle.

Et cette dernière ne tarde pas à entrer en action, et de quelle manière ! Les jolies rondeurs rebondissent allègrement dans tous les sens, et le garnement réagit aussitôt, en chantant en pleine voix ses « ouille ! aïe ! ouh là là ! ». Maman koala applaudit avec force les exploits de son petit polisson, non pas paume contre paume, comme au théâtre, mais paume contre fesse, et l’on peut affirmer sans crainte que si sa vocation ne l’avait entraînée vers d’autres chemins, elle aurait pu faire une fameuse carrière dans les salles de spectacle, en tant que Claque, précisément !

Ah la belle, la sublime fessée ! Que notre revenant en apprécie, en fin connaisseur, la sévérité, parfaitement dosée à la faute, la maîtrise, celle-ci étant administrée sans colère mais avec toute la fermeté nécessaire, et le charme. La carnation du p’tit lutin ne tend pas naturellement vers le rouge clinquant, mais lorsque, après quelques derniers soufflets vigoureux, sa Maman l’autorise à quitter son giron, son derrière a pris une ravissante teinte plus sombre qu’à l’ordinaire, et il n’est guère étonnant de le voir immédiatement porter ses mains à l’endroit puni tout en continuant à se tortiller, comme si les gesticulations pouvaient amener un soulagement à la sensation de brûlure.

Maman koala l’a laissé faire, mais lorsqu’il fait mine de se pencher pour remonter ses vêtements, elle intervient :

« Halte-là mon bonhomme ! Laisse ton caleçon, il est très bien là où il est. Les petits insolents qui tirent la langue à leurs mamans, ils vont au coin les fesses à l’air ! »

Titouan a le sang qui lui monte à la figure, mais le brasier qu’est devenu sa lune constitue un solide argument pour obéir sans discuter. Il effectue en pleurnichant les quelques pas qui le sépare du mur, le short et le caleçon entravant le mouvement de ses jambes. Il n’a pas l’air malin, le vilain p’tit lutin, c’est le moins que l’on puisse dire. Profitant du fait que l’on ne peut (par définition) ni le voir ni l’entendre, le fantôme contemple d’un air amusé ce mignon postérieur tout nu, superbement rougi, où se devinent par endroit la trace des doigts de sa talentueuse correctrice. Nul amateur de fessée ne peut rester insensible à une vue pareille, mais nul doute également que cette vexation sera profitable à l’insolent qui croyait pouvoir traiter sa Maman de haut. Son orgueil s’en trouvera ramené à de plus justes proportions et il retrouvera ainsi sa place de petit garçon. Il est certain que Maman koala aura retrouvé d’ici quelques heures son petit bout gentil et obéissant. La leçon viendra prendre place dans sa jeune mémoire au rayon des fessées magistrales et méritées, mais il n’en sera pas moins heureux lorsqu’elle le reprendra sur ses genoux, mais pour un grand câlin de pardon si nécessaire aux deux parties.

Mais à ce moment-là, notre fantôme aura regagné le domaine des songes. Il est des instants intimes entre un petit garçon et sa Maman koala que même un esprit ne doit pas perturber. Tout au plus pensera-t-il en se dissipant qu’un coussin placé entre les cuisses de Maman et les petites fesses bien réchauffées ne serait pas superflu !

2 Réponses à “Un p’tit lutin bien vilain…”

  1. Chloé dit :

    Bonjour Pierre,

    Charmant petit conte, mêlant l’amour et la rigueur d’une Maman attentive envers ses ouailles, comme toutes devraient l’être sans se préoccuper des on-dits au sujet de la fessée et plutôt que de faire un déni, agir pour ne pas laisser des mouflets à la dérive!
    J’aime beaucoup le personnage du fantôme observateur, mais aussi impliqué et satisfait de la réaction de Maman Koala!
    Ceci dit, Pierre, je serais tenté de penser, que Maman Chloé vous a aidé pour l’inspiration, non?

    Amicalement Chloé

  2. Anne-Sophie dit :

    Bonsoir Pierre,
    Merveilleux petit conte, inspiré de faits réels… ?
    Malgré la fessée de ce petit lutin, nous percevons aussi, tout l’amour de cette
    maman qui corrige son petit garnement afin qu’il devienne meilleur…
    J’aime beaucoup l’intervention du Fantôme, fin observateur qui s’esquive à petit pas
    lors du câlin de pardon…
    Pas facile d’être Parent… Nous nous devons d’être garant de l’équilibre et la droiture de
    nos petits, même si cela doit passer par la case fessée…
    Merci beaucoup Pierre, et avec plaisir de lire de futurs récits plein de délicatesse et de poésie
    Anne-Sophie.

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