Maman Koala et son petit Lutin

Vous qui passez régulièrement dans ce village, vous avez sûrement dû remarquer, provenant de ce grand jardin là, les joyeux éclats de voix d’un petit garçon. Vous n’avez pas pu les manquer : ils transpirent à tel point l’appétit et le bonheur de vivre que même les voisins les plus grincheux se trouvent comme forcés de sourire. Partout où il passe, ce ne sont que jeux et cavalcades, sourires espiègles et bons mots pour amuser la galerie. Comme ce chérubin concentre sa débordante énergie sur un corps encore fluet, et que ce garnement est aussi un sacré farceur, sa famille, ne craignant point le pléonasme, l’appelle leur petit Lutin. Pour sa Maman, il est le rayon de soleil qui guérit de toutes les mélancolies et angoisses que peut apporter l’existence, le remède infaillible contre toute morosité.

Oh, ce n’est pas qu’il soit exactement un ange. Non, on ne peut pas tout à faire dire cela, et il faut parfois conjuguer à la tendresse maternelle une nécessaire discipline pour canaliser cette fougue, qui peut parfois virer du côté de la colère et du caprice. Heureusement, Maman veille au grain…

Ainsi, hier soir, notre fougueux diablotin s’est une fois de plus laissé emporter par sa gourmandise et, fatalement, un mouvement désordonné a provoqué une tâche de belle taille sur un pyjama sur lequel on sentait encore le parfum de la lessive… Maman a grondé, plus pour la forme qu’autre chose, d’autant que son petit bout l’a encore une fois fait succomber à son charme avec son sourire désarmant. Il n’en reste pas moins qu’il faut ce soir en mettre un propre. Or, le coquin a fixé son choix sur un pyjama avec un grand motif de dragon mais qui présente l’inconvénient d’être d’un tissu léger, alors que nous sommes en plein hiver et que la chaudière, aussi capricieuse que notre Lutin, fait parfois la blague douteuse de s’arrêter au milieu de la nuit ! Maman, par ailleurs infirmière de profession, n’ayant nullement l’intention de laisser son chérubin tomber malade, lui explique qu’il ne saurait être question de porter celui-là et lui en choisi un autre, beaucoup plus chaud. Mais derrière les sourires enjôleurs du gamin se cache aussi une authentique tête de bois. Loin de se satisfaire des explications rationnelles de Maman, il prend son air buté, reconnaissable à son regard qui noircit à vue d’œil et, à l’opposé de la réaction attendue d’un petit garçon bien élevé, il lance comme un défi :

« Je le mettrai pas ! »

Maman, à son tour, sent les épices lui monter au nez, mais elle connait son phénomène et elle contrôle bien ses émotions, de façon à ne jamais se fâcher trop vite. Alors elle fait la sourde oreille et se contente de lui ordonner d’aller prendre sa douche…

« …et vite si tu veux éviter les ennuis ! »

Elle a posé le vêtement sur le chauffe-serviette puis est parti à la cuisine pour commencer la préparation du repas. Comme elle a des yeux derrière la tête et une oreille de guerrière comanche, elle a remarqué que son petit garçon, semblant obéir, a pris la direction de la salle de bain et fait couler l’eau. Une fois encore, la fermeté et la menace voilée semblent avoir produit leur effet. Maman est dotée de bras solides qui savent bien vous attirer sur ses genoux pour vous envelopper et vous câliner, de si belle façon que ses enfants l’ont surnommé, avec tout leur amour, Maman koala. Mais elle sait aussi faire un autre usage de ces outils en en concentrant l’action sur le bas du dos des petits désobéissants et des insolents. Son Lutin le sait bien pour en avoir fait les frais et sans doute a-t-il préféré ne pas risquer son popotin en continuant sur la mauvaise voie, encore que… est-ce bien sûr ? Mue par son sixième sens d’éducatrice, Maman repart vers la chambre de son fiston et le trouve, propre, mais affublé du pyjama dragon ! Quelle provocation ! Elle le regarde sévèrement.

« Dis donc Titouan, qu’est-ce que c’est que ce pyjama ? Tu vas me faire le plaisir de te changer avant que je me fâche vraiment ! »

Décidément dans un bien mauvais jour, le vilain fronce les sourcils et marmonne :

« J’ai pas envie ! »

Maman sent sa main qui la démange. Clairement, une bonne fessée ferait le plus grand bien à son petit coléreux. Mais comme elle est d’une nature généreuse, et qu’elle tient à retarder le plus possible la punition, elle donne une dernière chance.

« Je reviens dans dix minutes et il vaudrait mieux pour toi que tu te sois changé d’ici là ! »

Elle va dans le salon respirer un bon coup. Parce qu’elle connait par cœur son galopin, elle pressent qu’elle ne pourra pas se sortir de la situation uniquement par des paroles. Il va falloir montrer que, comme toujours, Maman est sérieuse quand elle donne des consignes. Mais elle n’a tout de même pas anticipé ce qui l’attend quand elle retourne dans la chambre. Non seulement son garnement, qui la fixe toujours d’un air de défi, n’a pas obéi mais, laissant libre cours à sa colère, il a fait dégringoler tous les pyjamas de son placard qui gisent, en boule, sur le sol ! Cette fois, la coupe est plein à ras bord !

« Ah c’est comme ça ! Hé bien, tu vas voir tes fesses ! »

Il ne lui faut pas plus de quelques secondes pour saisir par le bras son vilain petit garçon, s’assoir sur le lit et le faire voltiger jusqu’à ses genoux, bras et jambes flottant dans le vide, le popotin pointant vers le plafond, prêt à recevoir les claques, à un détail près… Maman glisse les doigts sous l’étoffe légère du pyjama et en abaisse le pantalon jusque sous les genoux, dévoilant ainsi le joli popotin de son fiston, incontestablement l’endroit le plus rebondi, le plus dodu de son anatomie. Celui-ci a gémi en sentant le courant d’air lui caresser la lune. L’insolent qui faisait le fier en défiant sa Maman n’a guère l’air malin à présent, étendu à plat ventre sur ses genoux, son cucul tout nu attendant la correction bien méritée. Elle ne tarde pas. Maman laisse vite sa main puissante s’exprimer sur les petites fesses de son Lutin sur lesquelles elle rebondit bien haut avec des claquements sonores. Il tente bien de l’amadouer en poussant aussitôt des cris de cochon qu’on égorge et en se tortillant dans tous les sens dans le fol espoir de soustraire son fessier au déluge qui s’abat sur lui. Mais ce n’est pas à un vieux singe que l’on apprend à faire des grimaces et Maman seule a le pouvoir de décider de la fin d’une correction, ce qu’elle lui rappelle à l’occasion d’une courte pause, le temps de faire la leçon.

« Tu t’entêtes à désobéir alors que je t’ai rappelé les consignes trois fois, tu fais l’insolent et, par-dessus le marché, tu me piques une colère digne d’un mouflet de quatre ans, alors ce n’est pas la peine de jouer la comédie, crois-moi que cette fessée,  tu vas t’en souvenir ! »

Et, fidèle à sa parole et à ses principes, Maman administre une très belle fessée sur les rondeurs ravissantes qui, en toute objectivité,  ont l’air d’avoir été conçues par Dame Nature dans le seul but de ramener dans le droit chemin leur propriétaire égaré. Encore a-t-il la chance d’avoir la peau mat, sans quoi ses petites pommes auraient en ce moment la couleur des plus belles cerises ! Lorsque la dernière claque, magistrale, s’est abattue au beau milieu du petit derrière, celui-ci n’en affiche pas moins un teint resplendissant et de lui émane la chaleur d’un bon barbecue estival. Une fois remis sur pieds, le Lutin salue la performance disciplinaire de sa Maman en sautant comme un cabri. Toute velléité de révolte s’est envolé. Il se contente maintenant de frotter son postérieur brûlant en geignant : «  ça cuit, ça cuit ! » Il n’a cependant guère le loisir de s’adonner à ces soins car la leçon n’est pas terminée : il faut à présent, enfiler le bon pyjama, replier soigneusement tous les autres vêtements qui traînent au sol, le tout sous le regard sévère de sa Maman qui, dès qu’il a fini, lui indique de l’index un coin de sa chambre. Il s’y rend en pleurnichant doucement. Il sait bien qu’il n’aura pas l’occasion d’y soulager son popotin meurtri, Maman exigeant que toute séance au coin se fasse les mains sur la tête. Il a encore bien de la chance, une insolence comme la sienne mériterait qu’il reste les fesses à l’air pendant toute la durée de la pénitence mais Maman, généreuse, lui épargne cette vexation.

Au dîner, son derrière encore bien brûlant le fait se tortiller sur sa chaise mais, naturellement, il ne peut compter sur la compassion des autres membres de la famille, qui savent pertinemment que si Maman a déculotté et fessé son petit garçon, c’est que celui-ci l’avait amplement mérité. Au dessert, celle-ci refuse qu’il vienne sur ses genoux comme il en a l’habitude. Elle tient à ce qu’il réfléchisse encore son comportement. Cessant alors d’uniquement se concentrer sur son popotin sensible, il en vient à comprendre qu’il a heurté Maman par son attitude. Dès lors, rien ne compte plus à ses yeux que d’obtenir son pardon. Il n’a guère à attendre. Maman ne reste jamais longtemps fâché avec son cœur d’amour et pour rien au monde ne le laisserait aller dormir sans un câlin de pardon. Au coucher, elle l’accompagne dans sa chambre et le place sur ses genoux (à l’endroit cette fois-ci), il pousse un petit cri lorsque son derrière entre en contact avec les cuisses maternelles et celle-ci réagit immédiatement :

« Je sais bien que tu as mal aux fesses, mais c’est pour te rappeler ce qui t’attend la prochaine fois que tu décideras de désobéir et de faire l’insolent. La balle est dans ton camp mais s’il te faut encore quelques bonnes fessées déculottées pour comprendre la leçon, tu peux compter sur moi ! En attendant, tu es maintenant pardonné et n’oublie que Maman t’aime plus fort que tout, malgré tout. »

Cette démonstration de tendresse ferait oublier à un Lutin toutes les lunes les plus douloureuses et c’est confiant dans l’amour infini de sa Maman qu’il trouve le sommeil, allongé sur le ventre… Le lendemain, il la retrouvera aussi joueuse et affectueuse que toujours. Le coquinou fera bien une dernière tentative pour jouer les victimes en revenant déjeuner le midi. Prenant place sur les genoux maternels pour un câlin, il lui dira avec une petite voix de comédien :

« Tu sais, ça chauffe encore un peu »

Mais elle le regardera avec malice en lui demandant :

« Tu veux que je regarde ? »

Rouge comme une pivoine, il viendra alors cacher sa gêne dans les bras de sa Maman koala, la serrant de toutes ses forces.

C’est que, par-delà quelques mauvaises passes, cette petite tornade est, d’abord et avant tout, une boule d’amour !

3 Réponses à “Maman Koala et son petit Lutin”

  1. Anne-Sophie dit :

    Bonsoir Pierre,
    Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite… !!
    Merci de ce Conte… non pas de fées… mais de petit Lutin !
    Où l’on voit tout l’amour d’une Maman envers son petit garçon, mais avec aussi, la tâche difficile de le ramener dans le droit chemin… en le corrigeant sévèrement…
    Là, réside notre rôle de Parent, pas toujours facile…
    Pour moi, une Éducation aimante et ferme est la base pour se construire… et devenir un Adulte responsable et équilibré.
    Encore mille Merci’s de merveilleux Conte.
    Anne-Sophie.

  2. gilles dit :

    Bonjour. Très beau récit. J’espère que les fesses du petit Titouan se souviennent de cette belle et bonne fessée. Il est vrai que les fesses ont étés créées pour être fessées. C’est ce que notre père se disait pour nos derrières à ma sœur et moi. Nous étions fessés souvent et sévèrement, toujours l’un devant l’autre et, bien sûr, les fesses nues! Nous avions de belles fesses. Je trouvais celles de ma sœur rebondies et faites pour la fessée. Mon derrière, j’avais l’habitude de le regarder dans la glace de l’armoire après la fessée. Je peux vous dire que les marques des doigts de papa étaient bien visibles. Quant à la couleur, c’était un beau rouge tomate! Nous n’en avons pas gardé de mauvais souvenirs: c était une éducation stricte et juste. Merci.

  3. chloe dit :

    Bonjour Pierre,
    Merci pour ce conte, plein d’amour et de tendresse entre une Maman et son p’tit lutin, n’hésitant pas à le remettre dans le droit chemin par une bonne fessée méritée, pour son entêtement et son insolence!
    Maman Koala lui pardonne, mais lui rappelle qu’elle pourrait rééditer la leçon si nécessaire.
    Chloé

Répondre à gilles

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