Nolwen raconte: Tannée magistrale, pour mensonge et insolence à 13 ans! (5)

La preuve de mon mensonge sous les yeux, je ne devais vraiment pas avoir l’air maline. Maman en tout cas semblait le penser car elle ne se départit pas de son sourire moqueur durant toute la durée de son sermon :

« Pas de chance, ma fille, tu as bêtement gardé la preuve de ton mensonge. Voilà trois jours que tu me joues la comédie, alors je m’en étonne un peu. Tu as dû te dire que ton entourloupe avait parfaitement réussi… et voilà comment j’ai pu obtenir cette preuve irréfutable. Oh, même sans elle, j’aurais trouvé plus crédible la version de ta Prof. Je te connais ma chérie… mais tu aurais peut-être eu le bénéfice du doute, vas savoir! Maintenant, toi et moi avons la confirmation d’un mensonge éhonté pour endormir ma vigilance et me faire passer pour une truffe auprès de ta Professeur ! Je n’apprécie guère cela, surtout si j’ajoute ton insolence et ton agressivité, plus ton entêtement à nier l’évidence : tout ça fait un gros contentieux pour ton matricule ! »

Scotchée, je ne savais trop quoi répondre. Finalement, je persistai dans le  mode petite rebelle, lâchai une véritable ineptie avec toujours de l’insolence dans le ton :

« Euh….M’man ! Alors comme ça, tu fouilles dans mes affaires personnelles sans que je sois présente, telle une espionne ??? »

Je ne rendis même pas compte que, tout à ma révolte, je venais d’avouer mon forfait. Cela n’échappa à ma chère Maman dont le sourire s’élargit encore et qui me répondit d’un ton presque amusé :

« Bien sûr, ma chérie, comme je le fais avec tes sœurs ! La confiance que je vous accorde n’est pas sans limite. Vous êtes toutes les trois sous notre responsabilité, à ton père et à moi. Ma démarche n’a donc rien avoir avec un quelconque espionnage, c’est simplement le contrôle d’une mère attentive envers ses enfants! Dans le cas présent, c’est ta Prof qui m’a indiqué t’avoir remis ta copie annotée. Je l’ai retrouvée au fond d’un tiroir sous d’autres copies, preuve évidente que tu ne souhaitais pas me la montrer ! »

Je ne savais plus quoi dire, prise entre le marteau et l’enclume. Je frémissais à l’idée de la suite, certaine que j’allais me prendre une bonne raclée cuisante. Le mensonge seul était déjà passible d’une dégelée, mais je savais par expérience que Maman supportait encore moins l’insolence et l’agressivité. Elle clôtura alors la discussion de façon claire, nette et précise, et m’annonçant le cauchemar prévisible pour mes fesses sur un ton désinvolte et naturel, comme s’il s’agissait d’une simple formalité!

« Eh bien ma p’tite chérie, je pense que nous avons assez parlé du sujet et qu’il est temps de passer aux choses sérieuses. A l’avenir, tu réfléchiras avant de me prendre pour une cruche avec un mensonge bâti de toutes pièces, tout ça pour bénéficier d’une indulgence que tu ne méritais pas! Je t’avoue que sur ce coup, je suis particulièrement déçue par ton attitude… Un aveu spontané et honnête t’aurait valu une bonne fessée – oh je sais bien que tu ne les apprécies pas – mais là, ma cocotte, tu mérites autre chose qu’une simple fessée! Alors tu vas te lever, installer le fauteuil contre la table basse, pendant que je monte pour consigner tes sœurs dans leurs chambres. Je ne veux pas qu’elles viennent nous déranger en jouant les p’tites curieuses! »

Ce fauteuil au design particulier, à l’assise un peu plus haute qu’une chaise, dépourvu d’accoudoirs et qui trône habituellement à côté de la cheminée, sert exclusivement à la distribution de fessées carabinées pour mes sœurs et moi. La messe était donc dite : j’allais me prendre une volée d’anthologie, craignant même l’usage de la brosse qui, quelques semaines auparavant, m’avait déjà ruiné les fesses suite à une troisième colle en l’espace de 15 jours! En le positionnant, je tremblais comme une feuille morte, tant je redoutais cette séance maternelle qui ne pouvait être que magistrale, pour punir mes fautes. J’entendis Maman donner ses consignes strictes et menaçantes à mes sœurettes, ses paroles ne faisant qu’aviver mon angoisse :

« Bon, les filles, vous ne bougez pas de vos chambres sans mon ordre. Je veux être seule avec votre grande sœur pour discuter avec elle. Si je surprends ou que j’entends l’une de vous descendre pour jouer les curieuses, celle-là n’aura plus qu’à préparer ses fesses, c’est compris? »

« Vouiiii…vouiiii….M’mannn….on reste là, promis! »

Ce fut ma sœur cadette Manon, moins curieuse et plus douillette que Gaëlle, qui répondit pour les deux ! L’injonction maternelle, même sans mot précis, indiquait clairement à mes sœurs que j’allais recevoir une bonne raclée et qu’elles n’allaient rien perdre de la bande son, ce qui fit perler mes yeux… Je ne pouvais détacher mon regard de ce maudit fauteuil, déjà témoin de tant de déboires pour ma petite personne, chacun d’eux bien ancré dans ma mémoire ! Transie par la trouille, je vis Maman revenir, fermer la porte du salon et se diriger vers lui en me faisant signe de la suivre, ce dont je n’avais aucune envie ! Elle me dit avec ironie :

« Allez, ma chérie, apporte moi ces jolies fesses! Je ne vais pas te faire languir plus longtemps. Estime-toi heureuse que je n’ai pas invité tes sœurs à la fête de leur aînée… Il n’y aura que toi, moi et….heu…tes fesses ! »

D’apparence stoïque derrière le canapé, la p’tite rebelle bouillait intérieurement : en quoi l’une de mes corrections, même méritée, pouvait être une fête pour mes sœurs ? Je n’osais pas bouger. Sa dernière phrase m’avait perturbée. Que signifiait cette hésitation ? A quoi avait-elle failli faire référence ? Quelle surprise me préparait-elle ?

A suivre…

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