Nolwen raconte: Tannée magistrale, pour mensonge et insolence à 13 ans! (4)

Vexée par la gifle et plutôt inquiète du monologue de Maman, je montai sans demander mon reste. Une fois dans ma chambre, je ruminais ce qui venait de se passer. Je comprenais qu’il y avait un reste, ou plutôt une suite qui allait me tomber sur le coin du nez, voire, pour être plus précise, sur les fesses ! Ma chère mère avait contenu sa colère (mauvaise conseillère, comme elle dit souvent) pour ne pas me piler sur place, mais en repensant à ses paroles, mon entourloupe du mardi me revint en pleine figure. Comment avait-elle pu la découvrir ? La vérité me parvint comme un flash : elle avait dû rencontrer ma Prof de maths, par hasard, exactement comme elle avait rencontré la Maîtresse de ma sœur cadette. Inutile de préciser que les images de la dérouillée de Manon redéfilèrent à vitesse grand V dans mon esprit !

Je me sentais très mal, car mon cas était pire : mensonge éhonté, fabriqué de toutes pièces et entretenu durant 3 jours, plus l’insolence et l’agressivité donc je venais de faire preuve quelques minutes auparavant ! Je retournais la situation dans tous les sens, mais je ne voyais aucune issue. Mon destin semblait scellé. Je m’en fus à petits pas retrouver Maman à la cuisine. Elle préparait le souper mais s’interrompit en me voyant. Elle m’invita gentiment à rejoindre le salon, dont elle ferma la porte, ce qui me fila les jetons. Je reconnaissais ce genre de situation : cela sentait la rouste à plein nez. Mais au lieu de montrer du regret, toujours énervée et vexée, je commis une seconde erreur et j’interpellai ma chère mère avec défi:

« Maiiiis qu’est-ce que tu veux savoir au juste ? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter une gifle ? Tu veux que l’on discute de quoi toutes les deux ? »

J’avais sorti cette phrase d’un bloc, mais Maman resta de marbre. Elle me sourit avec ironie, comme à son habitude, ce qui a tendance à m’exaspérer encore plus ! Elle me répondit avec le plus grand calme, mais non sans une pointe de sarcasme :

« Cette gifle, ma chérie, c’était juste pour calmer ta virulence à mon égard. Mais je constate à mon grand regret qu’elle ne t’a pas suffi, alors peut-être qu’une seconde te permettrait de faire le ménage dans ta cervelle ? Tu connais parfaitement le sujet de notre conversation à venir, mais comme d’habitude, tu fais ta rebelle, tu rues dans les brancards pour te défendre et entretenir ton déni. Si c’est comme cela que crois pouvoir t’exonérer et protéger tes fesses, laisse-moi te dire une fois de plus que tu te trompes complètement, ma Grande! De plus, tu agresses ta mère avec insolence, alors que tu sais très bien qu’elle n’est pas une copine et que tu lui dois le respect! Ne t’inquiète pas, nous réglerons cela aussi… enfin, remarque que je comprendrais que tu t’inquiètes pour ton joli popotin…  Dans l’immédiat, viens t’assoir à côté de moi et écoute-moi, sauf si tu es tentée par une nouvelle gifle de l’autre côté, pour l’équilibre ! »

J’étais comme deux ronds de flan face à son autorité naturelle. Cette menace de baffe est très inhabituelle chez Maman, mais j’avais surtout compris que mes joues du bas allaient en prendre un grand nombre et autrement plus vigoureuses ! Malgré tout, la petite rebelle était toujours vivace à l’intérieur, et l’ironie maternelle ne faisait que l’exaspérer davantage. Bêtement, je me mis à ronchonner pour m’asseoir, et la seconde gifle atterrit illico sur l’autre joue accompagnée d’un ordre sans appel :

« Ça suffit, Nolwen ! Maintenant, tu t’assois et tu m’écoutes, sans discuter ! N’aggrave pas ton cas déjà très sérieux. Tu auras la parole après pour ta défense, mais elle me parait très mal engagée…»

Ma tête fit un autre quart de tour. Elle avait naturellement retenu son geste mais Maman est une force de la nature, gentille au possible, mais redoutable lorsqu’elle est courroucée ! Quelques temps auparavant, Papa nous avait raconté qu’elle avait giflé l’un de ses supérieurs, lors de la réception intronisant le nouvel Amiral de l’Arsenal de Brest ! Cet individu qui n’était heureusement pas l’amiral, un peu éméché, avait eu des gestes déplacés envers elle. Ce malotru trouvait sans doute Maman à son goût ! Elle le scotcha sur place devant toute l’assistance avec une gifle puissante (bien plus forte que celles qu’elle venait de me donner), il put apprécier comme il se doit l’énergie d’une ex-championne de gymnastique, aux mensurations imposantes pour une femme, car elle le dépassait de presque une tête! Il n’eut plus qu’à s’excuser platement avant de quitter la réception. S’il avait insisté, c’est à Papa qu’il aurait eu affaire !

Hébétée, je pris place sur le canapé pour écouter Maman, qui me fixait à présent durement avec son regard noir. Elle n’attendit pas mon longtemps pour éclairer ma lanterne, avec toujours cette ironie dans le ton :

« Alors comme ça, l’autre jour, la Prof de Maths vous a donné un exercice supplémentaire de préparation sur le cours suivant, à cause d’un retard sur le programme, c’est bien ça ?? »

« Euhhhh…vouiiiii……M’mannnn, comme j’te l’ai dit ! »

« En effet, mais vois-tu, ce qui est très étonnant, c’est que j’ai rencontré ta prof ce matin au marché, et qu’elle n’a pas du tout la même version que toi sur le sujet ! En fait, elle m’a expliqué que ton impertinence chronique l’avait conduite à te donner une punition, et que cette punition consistait à faire tous les exercices du cours du jour. Elle a ajouté que tu lui avais rendu ces exercices sans erreur, pour éviter la  colle dont elle t’avait menacée, et elle m’a bien spécifié qu’il ne s’agissait en aucun cas d’un devoir supplémentaire pour toute la classe ! Surprenant, non ? »

J’étais dans l’impasse. J’hésitais entre l’aveu ou la poursuite de mon déni. Têtue comme une mule, je décidai de réfuter les propos de ma prof, tentant ainsi de la faire passer pour une imbécile. Malheureusement, à l’inverse de Maman, je n’avais pas toutes les cartes en mains…

« Euhhh….non….M’mannn….j’te promets c’était collégial! La Prof a dû se tromper ou elle a confondu avec autre chose, j’sais pas….  »

Maman esquissa alors un grand sourire ironique, avant d’aller chercher sur la table ma copie punitive, qu’elle me glissa sous les yeux. La Prof y avait écrit à l’encre rouge :

Félicitations, Mlle Demaître, pour cette punition sans erreur, qui prouve que votre capacité intellectuelle peut dépasser votre impertinence récurrente !

J’étais sur le cul, ma chère mère avait dû fouiller mon secrétaire après sa rencontre avec la Prof. Quelle idiote j’avais été de conserver là la punition ! Je vis dans le sourire ironique de Maman que mes fesses allaient vraiment passer un sale quart d’heure.

A suivre…

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