Nolwen raconte: Tannée magistrale, pour mensonge et insolence à 13 ans! (3)

Le jeudi, je rendis à la Prof de Maths l’exercice commun ainsi que ma punition, qui ne comportait aucune erreur. Comme elle maîtrisait aussi bien le sarcasme et l’ironie que ma Maman, elle me dit en aparté:

« Eh bien, Melle Demaître, vous voyez que vous pouvez, quand vous le voulez bien, mettre davantage en avant vos capacités intellectuelles que votre talent pour l’impertinence. Vous avez un bel avenir devant vous, alors ne le gâchez pas! D’ailleurs, votre Maman ne le permettrait pas et je suppose, telle que je la connais, qu’elle n’a que modérément apprécié ce nouvel écart… »

J’étais comme une nunuche, ne sachant trop quoi répondre. Je ne pouvais certes pas lui dire que j’avais menti à ma chère mère au sujet de ma punition. Alors, j’affabulais et, ce faisant, m’enfonçais encore un peu plus dans le déni:

« Bah….euhh…oui, elle n’était pas contente et m’a fait un gros sermon. J’en ai même pleuré. Elle m’a aussi fait promettre de me racheter auprès de vous. »

« C’est parfait, j’espère que vous tiendrez cette promesse. Sinon, la prochaine fois, elle pourrait bien ne plus s’adresser à vos oreilles… »

J’étais à côté de mes baskets et rouge comme une pivoine. Je compris que la Prof en savait plus qu’elle ne voulait bien le dire, car Maman n’était (comme c’est toujours le cas aujourd’hui) pas avare de sous-entendus ou de gestes pour faire comprendre sa philosophie disciplinaire avec la marmaille. Lorsqu’elle en avait le temps, elle ne se gênait pas non plus pour raconter en détail l’un de nos exploits et décrire les rougissements de nos postérieurs, à notre plus grande honte à tous ! Mon cerveau cogitait à 200%. Je me jouais dans ma tête une possible rencontre entre la Prof et Maman, synonyme pour moi d’une discussion musclée à la maison!

Néanmoins, je parvins à suivre le cours et, interrogée au tableau, j’obtins un 20/20, gage de satisfaction maternelle ! A cela s’ajouta un 18 en français pour une rédaction, un 15 en musique. Seul un 12 en arts plastiques (qui n’est pas ma matière forte) vint légèrement assombrir le tableau. J’avais le sourire en rentrant à la maison. J’annonçai d’entrée à haute voix mes résultats, en minimisant celui d’arts plastiques… Maman, qui n’est pas née de la dernière pluie, se méfie à juste titre de  ce genre d’éloquence un peu suspecte, qui cherche souvent à cacher des choses. Elle me calma d’un coup:

« C’est très bien, ma chérie, je suis fière de toi, même si tu pourrais faire des efforts en arts plastiques. Mais ce n’est pas la peine de t’exciter comme une puce, et je te rappelle que je ne suis pas sourde! Je sais que tu n’aimes pas le dessin, mais tâche tout de même de t’appliquer au prochain travail…»

« Vouiiii…M’mannn…c’est promis! »

J’étais euphorique, pas seulement du fait de mes notes, mais parce que je pensais que j’avais grugé ma Prof et surtout ma chère mère ! L’éventuelle rencontre entre les deux s’éloigna un peu de mon esprit.  De toute façon, je ne pouvais pas revenir en arrière. Il fallait m’en remettre au destin. Je me disais que, pour une fois, il me serait peut-être favorable….

Le vendredi, j’étais sereine en partant pour le collège, d’autant que je n’avais que deux heures de physique le matin et EPS l’après-midi… deux matières où je suis plutôt bonne, sans me vanter… La preuve, je récoltai un 20/20 au p’tit QCM habituel de la Prof de Physique sur le cours précédent et un 18 au challenge en EPS! Une nouvelle fois, je pus rentrer à la maison sans inquiétude. Malheureusement, à la fin des cours, je me pris la tête assez violemment avec ma meilleure copine Sophie, pour une idiote histoire de mecs : son p’tit flirt m’accusait de l’avoir dragué ouvertement et d’avoir ainsi trompé son pote, ce qui était archi faux!

Plus tard nous découvrîmes qu’ils avaient monté de toutes pièces cette cabale envers nous, par jeu! Ils se firent planter de concert par les deux filles, le tout en pleine récréation, devant un parterre hilare. Les deux couillons ne savaient plus où se mettre !

Mais en attendant, cette prise de bec avec Sophie m’avait bien énervée. J’étais furieuse qu’elle ait pu croire ça de moi! Je rentrai donc à la maison avec ma tête des mauvais jours et peu encline à la conversation, car je ruminais cette altercation. Ma chère mère était seule au salon. Elle affichait un sourire mi-figue mi-raisin que je connais bien et qui ne signifie rien de bon à mon endroit (et encore moins à mon envers !!). Mais dans l’état d’énervement où j’étais, je ne le remarquai pas. Elle m’accueillie avec calme et gentillesse, et me demanda ce qui n’allait pas :

« Bonjour ma chérie. Tu en fais une drôle de tête… Un souci au collège ? Prof ou copines ? Tu sais que tu peux tout me dire, ma douce, je suis tout ouïe… »

Au lieu de me calmer avant de répondre, je lâchai les chevaux, déversant sur Maman toute mon aigreur… Or s’il y a bien une chose que ma chère mère ne supporte pas : c’est qu’on la confonde avec une copine !

« Eh ben OUIIIIII ! Puisque tu veux toujours tout savoir, j’me suis enguirlandée avec Sophie pour une histoire débile de mecs! Je vais peut-être perdre une super copine mais ça bien sûr tu t’en fous ! Tout ce que tu veux, c’est des bonnes notes, et encore des bonnes notes ! Il y en a jamais assez avec toi et mes affaires de cœur, elles te passent au-dessus! Et puis fiche-moi la paix !!!!!!!!! »

Dans la seconde qui suivit, ma tête fit un quart de tour. Maman m’avait flanqué une gifle magistrale. J’en fus scotchée car ce geste est très rare chez elle. Elle en profita pour reprendre la parole:

« Ma chérie, contrairement à ce que tu penses, je m’intéresse autant à tes histoires de cœur qu’à tes bons résultats scolaires. Tu sais d’ailleurs très bien me les vanter, ces bons résultats,  beaucoup mieux que les incidents… que tu caches volontiers derrière des entourloupes. Mademoiselle cherche à me berner pour échapper aux punitions que mérite sa conduite. Et voilà que par-dessus le marché,  tu te montres insolente et agressive envers moi, tout cela parce que tu es de mauvaise humeur! Tu devrais pourtant savoir que j’ai horreur aussi bien de l’insolence que du mensonge… Maintenant, tu vas monter poser tes affaires dans ta chambre. Ensuite, tu redescends pour que l’on discute de tout cela ! »

A suivre…

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