Nolwen raconte: Tannée magistrale, pour mensonge et insolence à 13 ans! (2)

Le lendemain matin, je n’avais que 3 heures de cours, mais tout du long, je repensais à la soirée de la veille, au dîner durant lequel Maman n’avait pas manqué de nous rappeler les limites de sa tolérance. Bien entendu, cela s’adressait d’abord à Gaëlle mais Manon et moi étions également concernées. Une fois encore, elle nous avait exposé ses quatre grands interdits : colère, insolence, mensonge et désobéissance. Cela trottait tant dans ma tête que j’en baillais aux corneilles, jusqu’à ce que la Prof d’histoire/géo me rappelle à l’ordre :

« Dites-moi, Melle Demaître, vous êtes parmi nous ou dans vos nuages ? Peut-être qu’une heure de colle vous ferait redescendre sur terre?.. »

Affolée, je lui répondis avec toute la sagesse dont j’étais capable, ce qui traduisit bien ma trouille du moment. Je me voyais mal ramener une colle alors que je n’avais toujours pas la certitude que mon stratagème de la veille avait fonctionné:

« Non…non…désolée M’dame, j’pensais à autre chose et je vous demande pardon. J’me remets au travail de suite, promis! »

Cette jeune Prof, plutôt sympa, accepta mon repentir et poursuivit son cours. Elle m’interrogea au tableau et j’en ressortis avec un 18/20! Au cours suivant, en Sciences Nat, la Prof nous fit une petite interrogation surprise sur le cours précédent. Elle le corrigea immédiatement : j’obtins un 19/20 ! C’était parfait! Je rentrai donc toute guillerette à la maison pour recevoir les félicitations de Maman… et pour tomber sur Manon, jogging et culotte aux chevilles, qui se prenait une grosse raclée maternelle ! Voilà qui me fit vite redescendre sur terre! Ma cadette poussait des cris aigus en subissant les foudres maternelles. Décidément, l’ambiance de la maisonnée n’était pas vraiment sereine. Néanmoins, en me voyant, Maman me sourit et s’arrêta dans sa tâche, sans toutefois lâcher sœurette qui gigotait sur ses genoux, tout à son fol espoir que la fessée s’arrêtât prématurément :

« Ah voilà ma grande fille! Tu n’as pas trainé pour rentrer, c’est bien! Comme tu le vois, je suis occupée avec ta sœur qui a trouvé plus simple de me cacher une punition de la Maîtresse. Elle l’a faite en classe en catimini plutôt que de tout m’avouer. Elle espérait ainsi sauver ses fesses! Malheureusement pour elle, en allant chercher le pain, je l’ai croisée et elle m’a tout raconté. Et voilà Melle Manon sur les genoux de Maman, sans sa culotte, pour une bonne tournée ! Et elle peut s’estimer chanceuse de ne pas avoir été avec moi, car je l’aurais déculottée illico dans la boulangerie. Vas donc m’attendre à la cuisine, ma Grande. Je finis avec ta sœur et tu me raconteras ta matinée au collège. »

Je sentis mes joues rougir en repensant à mon mensonge éhonté de la veille. Si par le même hasard Maman venait à rencontrer la Prof de Maths dans les jours à venir, ça irait vraiment mal pour mes fesses : ma chère mère ferait même sûrement parler la brosse! Je me réfugiai rapidement dans la cuisine, mon esprit cogitant sans relâche. Au salon, la sérénade reprit de plus belle, ma p’tite sœur hurlant sa douleur. Maman lui filait une correction d’anthologie pour cette cachotterie! Lorsqu’enfin la rouste fut terminée, les paroles du sermon ne me rassurèrent pas du tout:

« Eh bien voilà Manon, tu as reçu ce que tu méritais pour ton manque d’honnêteté envers Maman ! Tu craignais pour tes p’tites fesses et tu as préféré me mentir. Résultat : au lieu de recevoir une simple fessée, ton p’tit popotin vient d’en prendre le double! Maintenant, tu vas te mettre au coin, les mains sur la tête. Là, à la porte de la cuisine, pour que je te surveille pendant que je parle avec ta grande sœur… »

J’étais vraiment mal à l’aise. D’ordinaire, durant les fessées des sœurettes, mes sentiments oscillent selon les cas entre l’amusement et la compassion. Mais cette fois-là, je ne ressentais que la peur que mon tour finisse par arriver. Maman pointa le bout  de son nez à la cuisine, me sourit, puis entama le dialogue:

« Alors ma chérie, ta matinée s’est bien passée ou pas? »

Ce ‘ou pas’ me fit frissonner et sans doute légèrement pâlir. Je sentais l’épée de Damoclès planant au-dessus de mon popotin !  Fort heureusement pour mon derrière, rien n’avait été découvert… je parlai donc de mes deux superbes notes, sans naturellement évoquer les remarques de la Prof d’histoire/géo et sa menace de colle…

« Euh….Bah….oui, ça s’est bien passé, M’man, j’ai eu un 18 en Histoire/Géo et un 19 en Sciences Nat ! »

« C’est très bien, ma douce, je suis fière de toi ! Souris-moi et ne fais pas cette tête. On croirait ta cachotière de p’tite sœur, qui elle n’a pas de quoi être fière! Allez, viens dans mes bras que je te félicite… »

Je me jetais à son cou mais, par-dessus son épaule, j’aperçus ma sœurette, mains sur la tête et fesses écarlates ! Elle gémissait et pleurait beaucoup : Maman ne l’avait pas ratée! Tout en recevant ses félicitations et son câlin, je flippais grave, priant pour qu’elle ne rencontre pas ma Prof au détour d’une rue ou à l’occasion d’une course.  Après avoir assisté aux fessées des deux frangines, j’étais dans l’incapacité de passer aux aveux ! Cela me paraissait tout bonnement impossible, ç’aurait été lui dire : ‘Maman, tu dois me donner une bonne fessée, car je t’ai menti!’ . Impensable ! Les tournées maternelles, depuis la première culotte baissée à l’âge de 7 ans, lors d’un anniversaire de Mamie, me faisaient bien trop peur! Je préférais m’en remettre au destin, quitte à ce que cela coûte bien plus cher à mes fesses! Je m’enferrais dans le mensonge, et deux jours plus tard, mon ardoise allait encore s’alourdir…

A suivre…

2 Réponses à “Nolwen raconte: Tannée magistrale, pour mensonge et insolence à 13 ans! (2)”

  1. joel TANGUY dit :

    Le suspens est intenable! On la sent venir, cette fessée pour Nolwenn et elle aussi, mais on doit attendre en se régalant avec votre beau récit relatant si bien la pensée et le langage des ados. Bravo!

    • Chloé dit :

      Bonjour Joël,
      Tout d’abord, pardonnez-moi pour cette réponse tardive indépendante de ma volonté!
      Quant au suspens intenable, il est le moteur même de ce récit qui transcris le ressenti, l’attitude et le langage d’une pré-ado, confrontée à une situation scabreuse de mensonge dont elle imagine déjà la finalité, en cas de découverte.
      Sinon, merci pour le compliment et vous disposez de deux suites, à même de satisfaire votre attente!
      Chloé

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