Nolwen raconte: Tannée magistrale, pour mensonge et insolence à 13 ans! (1)

En classe de 4°, j’avais tendance à m’ennuyer en cours. Comme ma cousine Magalie, je comprenais facilement, alors toutes les deux nous nous lancions fréquemment dans des bavardages intempestifs, voire des âneries, qui dérangeaient les Profs. Celle de maths en particulier appréciait mon esprit vif mais pas mon indiscipline, et encore moins mes impertinences de gamine encore immature. Elle m’avait déjà collée à plusieurs reprises, ce qui m’avait valu à la maison de sérieuses discussions avec Maman, sérieuses surtout pour mes fesses… !

En ce mardi d’avant Pâques, j’étais plutôt excitée à l’idée des vacances que j’allais passer avec ma cousine chez mes grands-parents paternels. Ils possèdent une grande maison avec un terrain immense, des jeux multiples pour les enfants, et une piscine chauffée qui me faisait kiffer (comme je disais à l’époque). Mes sœurs et mon cousin allaient de leur côté chez les parents de mon oncle, donc nous serions bien tranquilles toutes les deux. L’année précédente, nous avions fait la connaissance de garçons sympas, un peu plus âgés, ce qui avait tout émoustillé les deux demoiselles influencées par l’ambiance de l’époque, type ‘la Boum’…

Ce jour-là, en cours de maths, j’étais plutôt dans les nuages, n’écoutant la Prof qu’en pointillé. Elle s’en aperçut et m’interpella assez sèchement:

« Dites-moi, Nolwen, je vous observe depuis tout à l’heure et vous êtes totalement absente, à part physiquement bien sûr… J’aimerais savoir si vous comptez rêver durant tout le cours ou le suivre avec discipline, si toutefois vous savez ce que le mot veut dire. Par exemple, pouvez-vous répéter ce que je viens de dire? »

J’étais scotchée! J’étais dans l’incapacité de répondre à sa question, mais vexée d’avoir été ainsi interpellée, je lui répondis avec aplomb et impertinence:

« Bah…euh…, non M’dame, j’ai pas vraiment fait attention à vos dernières paroles, mais j’ai bien révisé le cours sur mon bouquin : vous pouvez m’interroger si ça vous chante! »

Là j’avais fait fort, étonnant même mes camarades. Je me sentais mal partie, d’autant que la Prof, sans se fâcher, me répondit avec le même aplomb et une ironie qui me rappela celle de Maman:

« Très bien, Melle Demaître, je constate que votre impertinence n’a d’égale que vos capacités intellectuelles, mais comme je n’aime pas beaucoup les petites fanfaronnes, en plus des exercices à faire pour jeudi, vous allez me faire tous ceux de la page concernée. Et si je trouve une seule erreur, je vous flanque deux heures de retenue. Je suis bien magnanime de ne pas vous les donner tout de suite mais d’un autre côté, je connais bien votre Maman et ses principes, et je me doute que vous n’allez pas vous faire féliciter en rentrant. »

J’étais sur le cul, me sentant rougir comme une tomate. Implicitement, elle m’avait signifié qu’elle connaissait les méthodes maternelles pour régler mes problèmes relationnels avec les Profs! Mon seul espoir, c’était non seulement de m’appliquer sur les exercices à faire (honnêtement pas trop difficiles pour moi) mais surtout de faire passer la pilule à Maman en lui présentant ça comme un devoir supplémentaire, donné à toute la classe pour rattraper le programme. Je me rassurais comme je pouvais car je savais qu’une nouvelle colle me vaudrait assurément une fessée à la brosse assurée. Ma dernière retenue, 8 jours auparavant, m’avait value une sacrée tannée! Il s’agissait déjà de la deuxième depuis le début du mois. Elle m’avait prévenue : pour la troisième, c’était la brosse qui allait officier longuement sur mes rondeurs. Ce maudit objet me rendait les fesses douloureuses pendant au moins 2 ou 3 jours! Maman savait parfaitement tanner mon cuir avec, sans blessure naturellement, mais en lui laissant une sensation profonde de brûlure qui se ravivait à la moindre station assise!

Sur le chemin du retour, j’étais un peu plus confiante : il me suffisait de choisir le bon moment pour bien présenter les choses. Mais en arrivant à la maison, je tombai sur une scène angoissante : ma plus jeune sœur Gaëlle (8 ans) était allongée sur les cuisses de Maman, déculottée, et recevait une bonne fessée. Maman, en me voyant, stoppa son bras, sans lâcher sœurette qui gémissait et pleurait tout son soul… Elle me dit aimablement:

« Bonsoir ma chérie, monte donc dans ta chambre pour faire tes devoirs, le temps que j’en finisse avec ta p’tite sœur qui ne fait que des bêtises. Je te rejoindrai après. »

Je me dis qu’il allait falloir la jouer fine avec ma chère mère. En montant à l’étage, j’entendais nettement le bruit des claquements et les cris de Gaëlle qui s’égosillait sans retenue! Il faut dire qu’être sous la main maternelle n’est jamais une partie de plaisir… Je remarquai Manon, très sage dans sa chambre, et me hasardais à l’interroger sur le sort de notre cadette:

« Dis-moi, Manon, que s’est-il passé avec Gaëlle? »

« Bah…euh…, elle a mal répondu pour ses affaires qui trainaient partout. Elle a même piqué une colère. Tu connais Maman et t’imagines sa réaction, pas besoin de te faire un dessin? »

« Non, en effet, p’tite sœur. En plus, j’ai eu l’image en direct! »

Ma chère mère n’était donc pas à prendre avec des pincettes. Je m’installai tranquillement à mon bureau pour mes devoirs et ma punition qu’il allait falloir cacher. L’avouer, vue l’humeur de Maman, c’était l’assurance d’une fessée au coucher, encore plus carabinée que celle que venait de se prendre ma frangine, l’angoisse de l’attente en plus! Pour les motifs scolaires, son principe était de nous faire mariner un bon moment avant l’action. Les autres matières ne me demandèrent que quelques révisions légères. Lorsque Maman arriva dans ma chambre, je finissais le devoir général de la Prof de maths.

« Ma chérie, si tu as fini tes devoirs, j’aimerais que tu m’aides pour plier des draps, s’il te plaît. Mais ne te presse pas, ça peut attendre un peu… »

« Euh…vouiii…, M’man j’ai presque fini, il ne me reste plus que le devoir supplémentaire que la Prof de maths nous a donné pour le prochain cours. Je peux t’aider et m’y mettre après… »

Toujours aux aguets sur le suivi scolaire de ses filles, Maman demanda:

« Un devoir supplémentaire? Et pour quelle raison? »

Je perdis un instant ma respiration, mais je me repris vite fait et lâchai d’une traite mon argumentaire:

« Bah…Euh… on est un peu en retard sur le programme, alors la Prof nous a donné cette page d’exercice à faire, pour nous entraîner, en nous précisant que s’il y avait des erreurs, ce n’était pas grave! »

Prise par la trouille, je venais d’ajouter un nouveau mensonge ! Bien entendu, Maman remarqua aussitôt que je n’étais pas dans mon assiette mais, heureusement pour mon séant, elle se méprit sur les motifs:

« D’accord, ma chérie, mais il est inutile de t’emballer comme ça ! Votre Prof a raison : rien de tel qu’un p’tit entraînement pour mieux assimiler le cours. Je te fais confiance, je sais que tu vas faire cela facilement. Tu trembles à cause de la fessée de Gaëlle ? Mais tu te doutes bien que la petite chipie l’avait cherchée. Je suis une Maman stricte, je le reconnais, mais c’est pour votre bien! Et puis, ses p’tites fesses en ont vu d’autres, comme les tiennes…»

Je n’étais pas peu fière de mon entourloupe. J’avais réussi à faire avaler des couleuvres à ma chère Maman, ce qui n’était pas gagné d’avance, et j’avais ainsi échappé à une déculottée maison!

A suivre…..

2 Réponses à “Nolwen raconte: Tannée magistrale, pour mensonge et insolence à 13 ans! (1)”

  1. joel TANGUY dit :

    Echappé, pas pour longtemps, je suppose. Que d’émotion et de suspens! merci

    • Chloé dit :

      Bonjour Joël,
      Comme vous dites, j’y ai échappé mais au prix d’une entourloupe mensongère qui si elle est découverte, me couteras bien plus cher! Vous le saurez en lisant la suite et vous remercie pour les compliments.
      Amicalement
      Chloé

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