La mère de Sylvia – par Simon Smith (7)

A nouveau, ma réserve m’empêcha de rendre visite à Sylvia après avoir assisté à sa punition. Cette fois, par contre, les jours passèrent sans que Sylvia apparaisse à ma porte. Me vint alors la crainte que notre amitié – si toutefois on pouvait ainsi désigner notre relation – fût bel et bien terminée. Ma mère supposa que nous avions eu une querelle d’enfants et, fatiguée de me voir traîner à la maison, m’encourager à aller voir Sylvia. Finalement, à la fin de la première semaine des vacances, je me décidai à affronter la lionne dans sa tanière.

Lorsque je frappai à la porte, sa mère m’accueillit en ces termes :

« Je suis désolée, Philippe, mais Sylvia est dehors avec sa cousine. Tu ne savais pas qu’Yvonne était invitée chez nous ?

- Heu, non… » répondis-je, hésitant et cherchant mes mots, comme toujours.

« Ma foi, n’hésite à revenir quand tu veux. Je suis sûre que les filles seront ravies de te voir. »

J’en doutais. Le vieux dicton sur la précarité des ménages à trois est particulièrement pertinent lorsqu’il s’agit d’enfants. Par ailleurs, je me doutais que je n’étais pas le camarade préféré de Sylvia. Encore une fois, je me retrouvais à traîner dans mon coin.

Quelques jours plus tard, ma mère me dit :

« Philippe, l’entreprise de Papa organise un séminaire ce weekend et je vais avec lui. Comme cela se passe à Londres, nous serons obligés de passer la nuit là-bas. J’ai téléphoné à Mme Hews pour demander que tu passes la nuit chez elle.

- Mais Maman… »

Je protestais mais c’était bien la seule solution raisonnable et, le samedi suivant, je me retrouvai à la maison des Hews avec, dans un sac, mon pyjama et ma brosse à dents. On avait de toute évidence ordonné aux filles de rester à la maison pour me tenir compagnie. Elles le firent de fort mauvaise grâce, mais en évitant que cela soit trop visible.

Yvonne, la cousine de Sylvia, avait le même âge et était presque aussi grande. En dehors de cela, elles ne se ressemblaient guère. Yvonne avait des cheveux noirs ondulés qui lui tombaient sur les épaules, une peau mate. Son visage était petit et, je ne le réalise qu’aujourd’hui, presque de la forme d’un cœur. Elle avait de grands yeux noirs avec de longs cils, un nez et une bouche de petites tailles. Son menton était légèrement pointu et elle avait deux fossettes au niveau des joues lorsqu’elle gloussait, ce qu’elle faisait presque constamment. Si elle vous semble très mignonne, alors c’est que vous en avez une idée assez juste. Elle n’était pas du tout robuste comme sa cousine. Elle était très fine et, bien que grande, la majeure partie de sa taille était prise par ses longues jambes. Plus tard, à l’adolescence, elle dut compter parmi les vraies beautés.

Mais, à l’âge que nous avions, je me souciais beaucoup moins de l’apparence des filles que de leurs caractères. Dans ce trio, je ne pouvais qu’être l’individu bizarre qu’on laisse de côté. De plus, de façon bien compréhensible, Sylvia voulait prendre sa revanche sur moi qui avais assisté à ses récentes punitions. Aussi fit-elle tout son possible pour me mettre mal à l’aise. Comme j’étais un garçon plutôt sensible, cela ne lui fut pas difficile. Bien entendu, elle ne pouvait franchir une certaine limite, et je me réconfortais en me disant qu’elle ne prendrait pas le risque de recevoir une autre fessée. Néanmoins, lorsque nous jouâmes au Monopoly, Yvonne et elle firent cause commune contre moi. Elles allèrent jusqu’à tricher en chipant de l’argent à la banque pour le compte de l’autre. Le fait que je voyais clair dans leur jeu ne m’apportait aucun réconfort, bien au contraire. Mais même quelqu’un comme moi ne pouvait se résoudre à prendre le rôle du rapporteur.

Je fus soulagé lorsque vint l’heure du coucher. Je m’enfuis dans la chambre d’amis pour y être tranquille, Sylvia partageant la sienne avec Yvonne. Je lus un moment puis j’éteignis et sombrai vite dans un profond sommeil. Soudain, il y eut comme un tremblement de terre et je fus jeté au bas de mon lit. Pendant quelques temps, je ne compris rien, ne sachant plus où j’étais ni ce qui se passait, lorsque j’entendis, confus, empêtré dans mes draps, le son aigu du gloussement de deux petites filles et le crépitement de leurs pieds nus sur le plancher. Je réalisai alors que j’avais été vidé du lit par ces deux chipies.

Les enfants ne réalisent jamais à quel point les bruits résonnent à travers un plafond. Après le tremblement de terre vint la tornade, lorsque la mère de Sylvia se précipita à l’étage pour voir ce qui se passait. Les filles bondirent vers leurs lits quand elle fit son apparition. C’était trop tard : leur rôle dans ma « chute du lit » était évident. Mme Hews commença par les ignorer et par s’occuper de moi. J’avais été surpris et même secoué mais, en-dehors de ça, j’allais parfaitement bien. Néanmoins, la mère de Sylvia décida qu’il s’agissait d’un incident grave et me dit :

« Viens, Philippe, allons voir ces vilaines petites filles ! »

Je n’eus pas besoin d’une seconde invitation et je la suivis dans la chambre de Sylvia. Les filles nous y attendaient anxieusement, bien cachées sous les couvertures. La mère de Sylvia leur passa un sacré savon :

« Petites idiotes, ne comprenez-vous pas que Philippe aurait pu se blesser ? … plus tôt, votre comportement scandaleux, inhospitalier… toujours à glousser… impolies à ne pas y croire…. hors du lit… vraiment stupides… méritez d’être punies. Sortez du lit !!! »

A suivre…

4 Réponses à “La mère de Sylvia – par Simon Smith (7)”

  1. Anne-Sophie dit :

    Bonsoir Pierre,
    Magnifique récit où l’on sent que les 2 petites pestes, vont passer un sale quart d’heure…
    Y’a de la fessée déculottée dans l’air… Ce qui ne sera pas pour déplaire au jeune Philippe, le spectacle risque même, d’être croustillant, vu qu’il aura 2 petites lunes à regarder, au lieu d’une ! Cela valait le coup, de se faire jeter hors du lit en pleine nuit !
    Hâte de voir la suite !!
    Anne-Sophie

  2. Emmanuel dit :

    Bonjour Pierre magnifique début on a hâte de lire la suite qui va être très crépitante pour ces 2 jeunes filles malpolies, la maman de Sylvia risque d’être très sévère au vu du comportement des 2 chipies. Vite la suite merci !!! Amitiés Emmanuel

  3. Pierre dit :

    Bonjour Anne-Sophie et Emmanuel,
    Merci pour vos commentaires.
    Le jeune Philippe va en effet avoir droit à un spectacle de premier choix… heureux jeune homme! Et comme la Maman de Sylvia ne fait jamais dans la demi-mesure, les cousines ne sont pas prêtes d’oublier ce qui va tomber sur leurs lunes.
    La suite ne saurait trop tarder… ;)
    Amitiés.
    Pierre.

  4. Chloé dit :

    Bonjour Pierre,
    Ce sont en effet, deux chipies qui se ligue contre Philippe et comme le dit Mme Hews, il aurait pu se blesser! Mais celui-ci, va être vengé, car je sens que la Maman de Sylvia ne va pas faire dans la dentelle et que leurs popotins vont en prendre une sévère, tout à fait méritée! Elles n’auront plus qu’a se coucher sur le ventre!
    Belle suite où l’on sent toute la perfidie, de deux petites pestes!
    Amitiés
    Chloé

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