Un rêve de garnement

Certains enfants ont une enfance douce au point que les braves gens, les croisant dans la rue, se disent : « celui-là ne doit rêver que bonbons et plaisirs, sans jamais craindre le Père Fouettard ou Madame Croquemitaine. » Ces croquants ne se doutent pas qu’à l’approche de l’aube, ces mignons ont de ces songes rien moins qu’innocents, tel celui que nous allons narrer ci-dessous :

Pierre se dirigeait vers le stade A. Nègre, une raquette de tennis dans la main gauche, une balle dans la main droite. L’innocent savait bien qu’il n’allait pas trouver, abandonnant le logis familial, un espace propre à s’entraîner dans ce sport si technique, mais un simple terrain de rugby dont l’unique tribune, sur son flanc droit, reposait sur un court mur donnant sur une cour dallée. Cet espace exigu constituait le seul endroit où le garçonnet, âgé d’une dizaine d’années, pouvait exercer ses dons pour le successeur du jeu de paume, et s’imaginer disputant le titre de Wimbledon aux plus grands champions, américains ou australiens. Depuis longtemps il rêvait que ses services ou sa  volée lui vaudraient, un jour ou l’autre, les applaudissements  des citoyens de la perfide Albion, et cela seul l’encourageait à venir s’exercer, sous le soleil de plomb du mois de juin, contre un bloc de parpaings dont n’aurait pas voulu le moindre débutant des quartiers bourgeois.

- Han ! Service à la Becker ! Coup droit ! Revers ! Et tac, volée à la Stefan Edberg, aaarg….

La balle, mal contrôlée, prit son envol et passa au-dessus du mur. Vexé, Pierre lâcha sa raquette en grommelant et prit la direction des escaliers qui conduisaient aux gradins. Repérant l’objet égaré, il s’accroupit pour le ramasser et aperçut alors, tout à l’autre bout, trois adolescentes qui bavardaient. « Ouah ! Elles sont jolies… » pensa-t-il alors que la plus grande riait en repoussant ses longs cheveux blonds aux remarques de sa voisine, dont il admira les yeux noisettes et le petit nez mutin. Il ne put guère entrevoir de la troisième que ses cheveux tirés en arrière, car elle lui tournait le dos. Il en était là de ses observations lorsque la jeune fille à la toison dorée tourna la tête dans sa direction et le remarqua. Il sentit le sang affluer à son visage et tourna vivement les talons, pas assez vite toutefois pour ne pas entendre les gloussements arriver jusqu’à lui. Touché dans son orgueil, il passa sa frustration sur ses coups de raquette, indifférent à son jeu de jambes, tant et si bien qu’un nouveau coup lui échappa, renvoyant la balle dans les tribunes. Avec un profond soupir, il grimpa à nouveau les marches et chercha un bon moment avant de la repérer sur le dernier rang, juste derrière l’endroit où les trois grâces avaient pris place. Il hésita, mais l’envie de jouer fut la plus forte. Il courut vers elle, tout en tâchant de se faire le plus discret possible. Toutefois, il venait à peine de la récupérer que la jeune fille aux cheveux tirés le fixa de ses yeux noirs.

- Dis donc, tu pourrais faire attention ! Tu as bien failli nous faire mal avec ta balle.

Il la regarda, bouche ouverte. Aucune réponse ne se forma dans son esprit. Son éducation lui faisait comprendre qu’il convenait de s’excuser, mais il se sentait tellement intimidé qu’il ne put que balbutier un « pardon » inaudible avant de prendre la fuite.

- Hé !

-  Qu’il est impoli ce gosse !

- Attention, tu sais, je donne des fessées, moi !

Cette dernière remarque déclencha l’hilarité du groupe, ce qui ne fit qu’augmenter la confusion du galopin. Le visage carmin, Pierre reprit sa raquette mais se contenta de faire rebondir la balle par terre. A l’embarras succédait la colère. Il tourna en rond tout en se repassant la scène dans sa tête.

- J’aurais dû leur montrer ! Je suis sûr que c’est des mensonges, la balle n’était pas si près d’elles. Me parler comme à un moutard ! Mais pour qui elles se prennent, ces…

- Ces quoi ?

Il se figea : devant lui se tenait la grande fille à la toison d’or. Elle souriait tout en le fusillant du regard, et cette étrange conjonction le fit frissonner des pieds à la tête.

- Donne-moi cette raquette.

Il n’eut pas le temps d’esquisser le moindre geste de protestation qu’elle lui avait pris l’instrument des mains avant de le poser sur le sol.

- Dis-donc, mon p’tit bonhomme, on ne t’a jamais appris à être poli avec les filles ?

Il avala péniblement sa salive, impressionné par la taille de la demoiselle, dont il atteignait à peine le niveau de la poitrine. Ne sachant que répondre, il finit par hausser les épaules et laissa échapper une sorte de ricanement. Elle s’agenouilla et lui posa la main sur l’épaule.

- Je vais te faire voir.

- Héééé !! Qu’est-ce que tu fais ?

Elle l’avait fait basculer par-dessus son épaule et s’était relevé. Il vit le niveau du sol s’éloigner, tenta de se cambrer, battit des pieds, sans réussir à se dégager de l’étreinte. Il sentit une tape s’abattre au milieu de son petit derrière.

- Tu aurais dû faire plus attention à ce que je te disais. Maintenant, tant pis pour toi !

Elle avait repris la direction des tribunes. Il entendit ses deux camarades pousser des exclamations à leur approche. Elle s’assit entre elles, et le fit basculer en deux temps trois mouvements sur ses genoux. Relevant la tête, il aperçut la fille aux yeux noisette qui le toisait d’un air ironique.

- Tu n’aurais pas dû énerver Alice. Maintenant, je crois que tu vas en prendre une bonne…

- Absolument, Séverine. Tiens-lui les mains, que je puisse avoir le champ libre. C’est que quand je donne une fessée, ce n’est pas pour rire, et je donne même des fessées…

Il sentit des doigts s’immiscer dans la ceinture élastique de son short.

- … cul nu !

- Oh nooon ! Arrête ! Fais pas ça !!

C’était trop tard. Short et slip avaient déjà rejoint le niveau de ses genoux, un courant d’air frais dans le bas de son dos lui fit comprendre que sa lune était mise à la vue de toutes. Il se dandina dans tous les sens, mais Séverine lui tenait fermement les poignets. Le rire de la troisième parvint à ses oreilles.

- Ha ! Ha ! Ha ! Les jolies petites fesses. On fait moins le malin, maintenant, Monsieur le Sans-Culotte !

- Hi ! Hi ! Hi ! Excellente, celle-là, Julie ! Tu verrais sa frimousse, on dirait qu’il sort du sauna.

Pendant ce temps, Alice remontait son tee-shirt au milieu de dos. Elle suréleva légèrement son genou, son derrière suivant le mouvement, et le saisit fermement à la taille.

- C’est vrai qu’il est mignon, ce popotin, avec un défaut : il est beaucoup trop pâle ! Et pour cela…

La première gifle s’écrasa au beau milieu de ses fesses. Sacrebleu ! Quelle force elle avait, cette fille ! Il n’eut pas le temps de se remettre de la douleur que déjà les suivantes tombaient en rafales, trois sur l’hémisphère gauche, deux sur le droit. Il ne pouvait prévoir où la main allait s’abattre, si bien qu’il ressentait chaque claque dans toute son intensité, et le faisait savoir…

- Aïe ! Ouille ! Arrête ! Aouh ! Tu fais maaaaaal….

- Ça te chauffe ? Tant mieux ! Et c’est pas fini. J’ai de l’endurance dans le bras, crois-moi. Je pourrais te les caresser à ma manière pendant des heures, tes p’tites rondeurs. Tu les respecteras, les prochaines jeunes filles que tu rencontreras. Tiens ! Prend encore celle-ci, et celles-là : CLAC ! CLAC ! CLAC !

A travers ses larmes, Pierre apercevait le beau visage de Séverine qui, tout en lui tenant les mains, contemplait avec un évident plaisir sa petite lune brûlante. Elle plongea son regard dans ses yeux et lui dit, un sourire malicieux sur le visage :

- Alors mon Petit, comment tu la trouves, la bonne fessée d’Alice ? Elle est à ton goût ? Que tu es chou, comme ça, sur les genoux et la culotte baissée ! Si j’avais su, j’aurais amené ma petite sœur et ses copines : ça les aurait bien fait rigoler, de voir un garçon de leur école montrer son p’tit joufflu et se le faire calotter. Hi ! Hi ! Hi ! Tu verrais tes fesses ! Elles sont encore plus rouges que ta figure.

- C’est des fesses de p’tit blondinet, ça prend tout de suite des belles couleurs. Et on peut dire qu’elles dansent joliment. Bravo Alice ! Ha ! Ha ! Ha ! Tiens, tu m’as donné une idée : on va lui confisquer son short et son slip. Comme ça, il sera bien obligé de montrer sa lune toute rouge à tout le monde : ça lui fera les pieds !!

Entre deux gifles fessières, Pierre sentit les mains de Julie qui faisaient glisser ses vêtements le long de ses mollets. Il rua de toutes ses forces mais ne put l’empêcher de les ôter complètement. Alice châtia cette révolte en fessant encore plus fort, et le garçonnet finit par s’écrouler, vaincu, sur les genoux de sa correctrice. Enfin, la jeune fille s’arrêta.

- Voilà ! Avec ça, tes fesses devraient te cuire un moment. Allez, debout, méchant garçon !

- Ah non ! Et moi alors ? J’ai aussi envie de le claquer, ce p’tit popotin tout rond.

- Moi aussi ! Allez, on y va ensemble.

Chacune ayant choisi une demi-lune, Séverine et Julie giflèrent les petites rotondités en chantonnant « pan-pan cucul tout nu » et avec forts éclats de rire. Elles claquaient beaucoup moins fort qu’Alice, mais le joufflu de Pierre étant déjà bien meurtri, il se remit aussitôt à chanter, le cœur gonflé d’humiliation. Elles firent bien rebondir le petit derrière avant de permettre qu’il fût enfin libéré. Tombant à genoux, il n’eut rien de plus pressé que de plaquer ses menottes sur ses joues du bas pour les frictionner vigoureusement. Alice le releva et lui posa un doigt sous le menton.

- Maintenant, tu vas aller chercher ta raquette et ta balle, comme tu es, avant de revenir ici. Si tu es sage, nous te laisserons te reculotter. File, galopin !

Et, d’une bonne claque sur le popotin, elle le renvoya vers les escaliers. Pierre partit en courant. Il tirait de toutes ses forces sur l’avant de son tee-shirt, parfaitement conscient qu’ainsi, il exposait encore mieux ses petites fesses écarlates aux regards des jeunes filles, dont les rires lui brûlaient les oreilles. Il se précipita vers sa raquette, mais il avait beau aller le plus vite possible, elle semblait toujours lui échapper, les rires devenaient sans cesse plus nombreux, plus assourdissants….

- Ah !

Pierre se réveilla soudainement, en nage. Il lui fallut bien une bonne minute pour reconnaître sa chambre, son lit. Il s’écroula avec délectation sur le matelas, et passa ses mains sous le pantalon de son pyjama. La fraîcheur de ses petites fesses lui confirma que rien de tout cela n’avait existé en dehors de son imagination. A l’examiner de près, on n’aurait pu déterminer si l’expression de son visage relevait du soulagement… ou de la déception. Un sourire coquin sur les lèvres, il murmura pour lui-même :

- Demain, j’irai jouer sur le stade…

5 Réponses à “Un rêve de garnement”

  1. Chloé dit :

    Bonsoir Pierre,

    Juste quelques mots! Ce « rêve de garnement » est fabuleux, j’avais entamé un commentaire plus cossu, lorsqu’un problème informatique m’a fait perdre celui-ci! Je vais donc essayer, d’en retrouver la trace et en attendant, sachez que j’adore ce « rêve du p’tit Pierrot ».
    Amitiés
    Chloé

    • Pierre dit :

      Bonsoir Chloé,
      J’attendrai bien sûr avec impatience ce commentaire. Mais je vous remercie déjà du fond du cœur pour ces compliments qui me touchent beaucoup.
      Amitiés.
      Pierre.

      • Chloé dit :

        Bonjour Pierre,
        Je ne doutes absolument pas de votre sincérité et émotion face aux petites attentions de Maman Chloé qui sait récompenser, autant que sévir quand c’est nécessaire. Mes deux dernières en ont eu l’exemple, ce matin.
        Amitiés
        Chloé

  2. Anne-Sophie dit :

    Bonjour Pierre et Chloé,
    Récit plein d’entrain, de malice et d’action !
    J’aime beaucoup la fin, où l’on penserait plutôt que Petit Pierre soit soulagé de voir que cela n’était qu’un rêve… Avec son air espiègle, il nous confie que dès le lendemain, il ira au stade…
    Quel garnement !

  3. Jean Philippe dit :

    Bonjour Chloé,

    Quel beau récit ! Tout le long , on croirait que cette histoire est réelle. Les jeunes filles s’en donnent à cœur joie en fessant chacune leur tour le petit Pierre . On comprend à la fin pourquoi le garnement se réveille en nage, pensant avoir vécu réellement cette fessée collective des jeunes filles.
    Je comprends aisément son envie de se rendre au stade au plus vite.
    Humm ! j’aurai bien voulu etre à la place de petit Pierre
    Amitiés
    Jean Philippe

Laisser un commentaire

Le journal de L & M |
Un mâle... des mots |
Desirlove |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Peter Capek
| Gregescortme
| La Maid d'Eva