Malédiction

Lorsque Madame Ducrot sortit ce jour-là, pour aller chercher sa baguette comme tous les matins, rien ne pouvait laisser penser que quelque chose sortait de l’ordinaire. Elle salua amicalement la concierge de l’immeuble. Elle portait les mêmes vêtements, adoptait la même démarche pressée, et elle avait toujours ce regard dans le vague qui la faisait décrire par les voisins comme une personne quelque peu lunaire. Pourtant, dans sa tête, Mme Ducrot était envahie par des sentiments d’impatience et de frustration. Cela n’avait rien à voir avec son travail, elle accomplissait consciencieusement sa tâche de secrétaire médicale auprès d’un des dermatologues les plus réputés de la ville. Effacée mais efficace, elle était l’employée rêvée, à tel point que son patron de médecin ignorait tout de ses activités personnelles. Elle n’était pas d’un naturel expansif et, de toutes les façons, sa vie aurait été fort compliquée si ses loisirs étaient devenus de notoriété publique. Elle préservait jusqu’alors sans aucune difficulté son intimité mais, ce Vendredi, il lui fallut se rendre à l’évidence: son esprit était tout entier occupé par sa passion, et les tâches routinières lui pesaient particulièrement. Elle travaillait depuis des mois sur ce nouveau jeu. Tout était prêt. Il ne lui manquait plus qu’une chose : un cobaye. Mais qui choisir ? Il était bien évident que les conséquences ne seraient guère agréables pour la personne sélectionnée, or Mme Ducrot n’avait aucun ennemi et ne gardait aucune rancune envers quiconque. Comme toute employée, elle pensa immédiatement à son patron, mais écarta rapidement l’hypothèse.

- Non, se dit-elle, le docteur Michel ne mérite pas cela… mais tout de même, je ne peux pas attendre, sinon, je vais devenir folle.

Elle en était là de ses réflexions lorsqu’elle pénétra chez la boulangère. A cette heure matinale, il n’y avait qu’une autre cliente : une petite fille de neuf ans aux beaux cheveux d’ébène qui affichait une mine tristounette. La marchande accueillit l’enfant en ces termes :

- Eh bien ma petite Valérie, tu en fais une tête ! Tu t’es fait gronder à la maison ?

- Non Mme Dumas, tout va bien à la maison. C’est juste qu’après le petit-déjeuner, il va falloir retourner à l’école…

- C’est donc si terrible que ça, l’école, tu n’es pas heureuse d’apprendre des choses ? Ta maîtresse est trop sévère ?

- Non, mais à l’école, il y a Eugénie, et elle n’arrête pas de me causer des problèmes. Hier, j’ai encore été punie à cause d’elle.

- Oh mais qu’est-ce que tu racontes? Je la connais, la petite Eugénie, c’est un ange, la petite fille parfaite dont rêve toutes les mamans. Je crois surtout que tu te cherches une excuse et ce n’est pas bien, permets-moi de te le dire !

Des larmes vinrent aux yeux de la fillette, qui ne répliqua rien, comme si elle s’attendait à ce genre de réponse. Elle avait toutefois capté l’attention de Mme Ducrot, qui s’empressa d’effectuer sa commission pour pouvoir courir après la gamine.

- Valérie ! Attends-moi s’il te plaît, je voudrais te parler.

L’enfant tourna la tête, surprise de s’entendre interpelée par une inconnue. La dame avait toutefois l’air si inoffensive qu’elle s’arrêta, pour la laisser venir à sa rencontre.

- Je voudrais que tu m’en dises un peu plus sur Eugénie, que tout le monde a l’air de trouver si sage.

- Sage, elle ? C’est la reine des chipies, oui ! Mais elle est tellement jolie que tous les adultes sont béats devant elle. Hier encore, je l’ai vue avec le petit Laurent. Il pleurait en disant qu’elle lui avait volé des billes. Elle a fait les yeux doux à la maman de Laurent, en lui disant que si elle voulait, elle pouvait fouiller son cartable. Elle l’a fait fondre. Même qu’elle a fini par l’embrasser en lui disant qu’elle était un amour. Et Laurent s’est pris une grande claque sur les fesses, et sa maman a dit que la prochaine fois qu’il embêterait les filles, elle lui donnerait une fessée déculottée. Le pauvre ! Moi, je sais bien qu’il disait la vérité.

Le récit était sorti d’une traite, comme si la petiote avait attendu une éternité avant de lâcher ce qu’elle avait sur le cœur. Mme Ducrot l’avait écoutée avec une grande attention et la remercia pour sa confiance. La regardant partir, elle murmura :

- Mais si c’était vrai, alors tout fonctionnerait à merveille. C’est le sujet idéal, je ne pouvais pas rêver mieux.

Rentrée chez elle, elle téléphona à son employeur pour annoncer son absence suite à un grave problème de famille. Cela laissa le brave médecin abasourdi, ceci constituant un événement sans précédent. Cela fait, elle ressortit et prit la direction de l’école…

Ce Vendredi matin, Eugénie Favier partir pour l’école toute guillerette, très contente d’elle-même. Ses stratagèmes fonctionnaient toujours si bien, et c’était toujours si drôle de voir ses camarades se faire gronder ou punir, sans même comprendre ce qui venait de leur tomber sur la tête. Elle chantonna pour elle-même :

- Deux dans la même journée, c’est un record ! Et ce petit Laurent, il ne perd rien pour attendre. Oh oui mon petit, tu ne vas tarder à me montrer tes fesses. Je trouverais bien le moyen de le coincer ce soir au square. Quant à cette chère Valérie, je lui prépare un coup à ma façon. Je l’ai déjà fait punir hier pour bavardage. La maîtresse me mange dans la main, elle ne s’est même pas rendue compte que c’était moi qui parlais ! Hi Hi Hi ! Cette fois, j’ai le truc parfait. On va bien rire.

Échafaudant ses mauvais plans, elle gambada jusqu’à la cour de l’école. Elle ne put s’empêcher de titiller la pauvre Valérie :

- Alors, comment va ton poignet, pas trop douloureux après avoir écrit toutes ces lignes ?! Ha Ha Ha !

La fillette devint rouge de confusion et de colère mais ne trouva rien à répliquer. A cet instant, une mouche voleta entre les deux gamines qui se séparèrent. Eugénie alla directement à la salle de classe où elle salua l’institutrice de son plus beau sourire. L’enseignante le lui rendit bien tout en engageant la conversation avec elle. Cela, la petite instigatrice ne l’avait pas prévu.

- Tant pis, se dit-elle, j’attendrai la récréation pour glisser le papier dans son casier.

Valérie vint prendre sa place à côté de sa meilleure ennemie et la leçon débuta. Eugénie n’avait pas plus tôt commencé à écrire les premiers mots inscrits au tableau noir, qu’elle fut dérangée par un fort bourdonnement. Une mouche tournoyait autour d’elle. Elle tenta de la chasser d’une main et elle eut alors l’impression qu’une poussière dorée s’échappait de l’insecte pour lui tomber sur les doigts. Elle poussa un cri de surprise. La maîtresse se retourna :

- Eh bien, ma petite Eugénie, qu’est-ce qui t’arrive ?

- C’est cette mouche qui m’embête, Maîtresse !

La jeune femme se dirigea vers l’élève, repéra l’insecte et, ouvrant la fenêtre contre laquelle se trouvait le pupitre, parvint à le chasser vers l’extérieur. Curieusement, l’animal continua son vol autour de la vitre désormais fermée, sans s’éloigner. L’incident était clos. Eugénie avait repris son stylo mais soudain, du coin de l’œil, elle remarqua que son cartable, très lentement, semblait s’ouvrir tout seul ! Elle regarda, abasourdie, le couvercle se surélever légèrement ce qui permit à une petite feuille, pliée en quatre, de s’envoler par l’ouverture. Réalisant de quel papier il s’agissait, la petite fille sentit un grand frisson lui parcourir l’échine. Elle tendit brutalement le bras pour le saisir mais elle le manqua et s’affala de tout son long dans l’allée, tandis que la feuille planaitt doucement pour venir se poser au pied de l’estrade. Les rires fusèrent suite à cette chute et l’institutrice se retourna de nouveau.

- Mais enfin Eugénie, à quoi joues-tu ? Tu as été piquée par la mouche ? Ah, c’est ce papier que tu voulais. Tu pouvais simplement le demander. D’ailleurs, qu’est-ce que c’est que ça ? J’espère que ce n’est pas un petit mot…

Elle ramassa le document et, sous le regard désespéré de l’enfant, le déplia pour l’examiner. La surprise la cloua sur place. Elle le regarda intensément, comme si elle ne pouvait croire ce qu’elle avait sous les yeux, puis tourna son attention vers la fillette qui venait de se relever. Sa voix était glacée.

- Qu’est-ce que cela veut dire, Eugénie ? Peux-tu me dire pourquoi tu as dessiné ça ?

Elle tourna l’illustration vers la classe. C’était une caricature peu flatteuse de sa personne. Il était inscrit en-dessous : « Mme Le Trividique est une horrible sorcière » !

- Tu trouves drôle de te moquer de ton institutrice ? Tu avais l’intention de le montrer à tes camarades pour les faire rire à mes dépens ?  Non, je ne crois pas que c’est ce que tu voulais. J’y voir clair, maintenant, ma petite. Tu voulais glisser ce dessin dans le pupitre de Valérie, pour pouvoir ensuite l’accuser, comme tu l’as accusée hier de bavarder alors que… Mon dieu, Valérie, je suis désolée de m’être montrée si injuste envers toi. Mais comment ai-je pu être aussi aveugle !

La fillette aux cheveux noirs avait l’impression d’assister à un miracle. Enfin, la vérité éclatait. Cela n’était pas en revanche le sentiment de la blondinette à ses côté qui était restée debout, les bras ballants, cherchant vainement un moyen de se tirer d’affaire. Elle ne comprenait absolument pas comment l’enseignante avait pu deviner aussi vite le déroulement des faits.

- Alors, ma petite Eugénie, tu trouves amusant de voir tes camarades punis ? Nous allons voir si tu aimes toujours cela quand tu es la première concernée. Viens donc un peu par ici.

Terrorisée, mais n’osant pas désobéir à un ordre direct, la gamine s’avança vers l’estrade. A peine eut-elle monté la marche que l’institutrice la saisit sous son bras gauche et, d’une forte pression, la contraignit à se pencher en avant. Elle n’avait plus de doute sur la punition qui l’attendait, ayant déjà vu nombre de camarades la subir avant elle. Toutefois, lorsqu’elle sentit la main droite se saisir du bas de sa jupe, elle se mit à supplier :

- Oh non, Madame, pas ça s’il vous plaît !

Elle n’obtint aucune réponse, mais sa petite culotte blanche apparut en pleine lumière. La tension était à son comble dans la classe. Valérie dévorait la scène des yeux. Et le pire se produisit, les doigts de sa correctrice s’introduisirent dans l’élastique du sous-vêtement et tirèrent vers le bas. Gémissante, Eugénie sentit le courant d’air frais passer sur ses petites fesses, indiquant qu’elles étaient à la vue de tous. Les garçons ricanèrent dans leurs mains. On entendit même quelques sifflets, sans que l’enseignante ne réagisse. Le petit minois de la fautive était déjà écarlate, ce qui contrastait fortement avec son petit derrière d’albâtre.

- Pas la fessée, M’dame, je le ferai plus, je promets !!

- Ah ! Mais c’est précisément là que le bât blesse, ma petite. Je ne crois plus à tes promesses. Puisque je ne peux plus me fier à ta bouche, je vais maintenant m’adresser à tes fesses.

Sur ces paroles, elle abattit sa main en rafale sur le petit popotin à sa merci. Le rythme était infernal, à la mesure de la colère ressentie par l’institutrice, lorsqu’elle avait réalisé qu’elle avait été manipulée depuis des mois. La fillette sautillait d’un pied sur l’autre, se tortillait dans tous les sens, mais aucune claque ne manquait sa cible. Elle ne faisait qu’offrir un spectacle plus divertissant à tous ses camarades et, au premier rang d’entre eux, Valérie. La gamine observait, bouche ouverte, la petite lune tourner de la nacre au vermillon. Elle se sentait à chaque instant devenir plus légère, les supplications et les petits cris de la punie devenaient une douce musique à ses oreilles. Elle aurait voulu que la fessée durât indéfiniment. Malheureusement, Mme Le Trividique gardait le sens du raisonnable et, lorsque les petites fesses eurent dépassé le coloris de la fraise gariguette, elle mit un terme à la correction. La punition restait toutefois inachevée. Après avoir laissé la coquine frotter éperdument ses joues du bas, elle prit soin de ramasser la culotte qui avait volé sur l’estrade, puis coinça l’arrière de la jupe dans la ceinture.

- Voilà une fessée bien méritée ! Et maintenant, tu vas aller te mettre en pénitence dans le couloir jusqu’à ce que je vienne te chercher. Je laisse la porte ouverte et je t’avertis que si je te vois bouger d’un pouce, je n’hésiterais pas à recommencer.

Elle prit la gosse par le bras, ses petites fesses écarlates bien dégagées, ouvrit la porte et la plaça le nez contre le mur, les mains sur la tête. La sonnerie était imminente et Eugénie pressentait qu’elle allait vivre le moment le plus humiliant de sa jeune vie. Toutes les classes devaient passer devant la sienne pour atteindre la cour de récréation…

La mouche avait disparu. Quelques instants plus tard, on vit Mme Ducrot passer devant le portail de l’école. Elle murmura :

- Ça marche ! Mais il faut que je sois sûre. Nous verrons cela ce soir.

A la sortie des cours, Eugénie prit la direction de son domicile la tête basse. Sa maîtresse avait inscrit dans son carnet tout ce qui s’était déroulé, détaillant l’humiliante fessée ainsi que les raisons qui avaient justifié une telle punition. Elle craignait à juste titre la réaction de sa Maman à la lecture du mot, sachant que cette dernière était parfaitement capable de rajouter une seconde couche encore plus cuisante. Elle ne comprenait absolument rien à ce qui s’était passé, mais elle avait annulé tous ses plans concernant le petit Laurent. Aussi passa-t-elle près de lui sans seulement lever la tête. Mais la maman du garçonnet la reconnut aussitôt et l’interpela. Après moult hésitations, elle se dirigea vers la dame pour lui rendre son salut lorsqu’une vieille femme, d’aspect misérable, surgit devant elle, lui posa la main sur l’épaule en marmonnant :

- Alètheia !

Elle ressentit comme une décharge électrique et sursauta, mais déjà la clocharde s’éloignait. Elle se retourna vers la mère du gamin mais, dans son geste, laissa échapper son cartable qui s’ouvrit en grand. Roula alors un petit sac qui vint s’arrêter au pied de l’élégante dame, qui le ramassa en fronçant les sourcils. Elle l’ouvrit, examina quelques-unes des billes qu’il contenait, et dit en relevant la tête:

- Mais dis-donc ma petite, je les reconnais ces billes ! Ce sont celles que j’ai offert à mon petit bonhomme pour sa fête. Tu les lui as donc bel et bien volées hier ! Et moi qui ai refusé de croire mon petit garçon ! Mais tu ne l’emporteras pas au paradis, tu peux me croire.

Eugénie observait avec horreur les preuves de son forfait entre les mains de la mère de sa victime. Elle la vit se lever, s’approcher d’elle. Elle la saisit par l’oreille et fut contrainte de la suivre, penchée en avant jusqu’au banc, où elle bascula sur les cuisses de l’adulte.

- Laurent, mon petit, viens donc me voir.

Le mouflet releva la tête et son visage s’illumina en découvrant ce qui se passait. Il courut près de sa mère. D’autres enfants l’imitèrent, alertés par les cris de protestation de la gamine qui se débattait comme une perdue sur les genoux de la dame.

- Tu peux t’agiter autant que tu veux, ma petite, ça ne t’empêchera pas de recevoir ce que tu mérites, et devant tout le monde. Ah comme tu as dû t’amuser de me voir gronder Laurent hier alors que c’était toi qui le tourmentais. Maintenant, c’est leur tour de rigoler, parce que cette fessée, je ne vais pas la donner sur ta jupe. Non, les petites chipies de ton espèce, ce qu’il leur faut, c’est une bonne déculottée. Comme ça ! Oh, regardez-moi ces petites fesses, les enfants, on dirait bien qu’elles ont déjà été claquées aujourd’hui. N’est-ce pas, petite fille ?

Elle ponctua sa question d’une grande tape qui tomba pile au milieu de petit joufflu.

- Aïe ! Oui, M’dame, j’ai déjà reçu une fessée par la maîtresse. Ça me fait encore mal…

- Vraiment ? Est-ce que tu n’essaierais pas de me refaire ton cinéma par hasard ? Elles m’ont pourtant l’air plus roses que rouges, ces petites pommes. Mais ne t’inquiète pas, nous allons vite leur redonner une belle couleur, bien éclatante, n’est-ce pas les enfants ?

Un grand cri d’approbation se fit entendre de la vingtaine de bambins qui faisaient désormais cercle autour du banc, trépignant d’excitation et d’impatience. Eugénie, prenant soudain conscience de la taille du public, auquel se joignaient quelques grandes personnes qui observaient de plus loin, sentit le sang lui brûler le visage sous l’effet de la honte. Ce sentiment laissa toutefois vite place à une vive douleur lorsque les claques commencèrent à s’abattre sur la mappemonde découverte. Ses petites fesses étaient encore si sensibles qu’elle se mit immédiatement à ruer des jambes, sous les rires des spectateurs.

- Aïe ! Ouille ! Oh, je vous en prie, M’dame, pas si fort ! Aouh ! Je ne l’ferai plus ! Je n’embêterai plus Laurent ! Ouille ! Ouille ! Je serai sage, je promets ! Ooooh !

- Ni Laurent ni un autre, petite chipie ! Clac ! Clac ! Je vais mettre un terme à ton attitude une bonne fois pour toute. Vlan ! Vous voyez, les enfants, à quel point une bonne fessée vous remet vite sur le droit chemin. Nous avons à peine commencé, et voilà déjà qu’elle commence à nous promettre monts et merveilles. Clac ! Clac ! Clac ! Mais nous n’en avons pas fini, non ma petite, moi aussi je te promets une chose : cette fessée, tu vas t’en souvenir toute ta vie !

Elle accéléra encore la cadence. La petite lune tournoyait dans tous les sens sous l’avalanche, alors même qu’elle prenait des teintes de soleil couchant. Laurent ne lâchait pas des yeux ce ravissant postérieur tout nu, tout content que sa persécutrice reçoive enfin sa juste punition. Le même sentiment animait ses camarades, quoique la plupart n’aient pas eu à se plaindre des agissements de la fillette. Mais ils n’allaient pas faire la fine bouche devant ce charmant divertissement. De larges sourires éclairaient les petits minois. Certains sautillaient de joie à chaque fois la main puissante s’abattait sur les petites rondeurs. D’autres tapaient dans leurs petites menottes. Même les larmes qui ruisselaient maintenant sur la frimousse de la coquine ne réfrénèrent pas leur enthousiasme.

La superbe fessée continuait encore lorsque la vieille dame s’éloigna. Elle alla se cacher à l’arrière d’une porte cochère à proximité, puis s’assura que personne de la regardait. Lentement, ses traits se déformèrent, ses vêtements se transformèrent. Un instant plus tard, Mme Ducrot reprenait la direction de son domicile, se disant à elle-même :

- Cette fois, ça y est ! Après tant de mois de travail, je le tiens, ce sortilège de vérité. Quand je raconterai ça au club des sorcières la semaine prochaine, elles en seront toutes vertes de jalousie.

La concierge, la voyant pénétrer dans l’immeuble, lui lança :

- Vous avez l’air de bonne humeur, aujourd’hui M’dame Ducrot. La journée a été bonne ?

- Oh si vous saviez, Mme Duchemin, la meilleure !

5 Réponses à “Malédiction”

  1. Anne-Sophie dit :

    Bonjour Pierre,
    Magnifique récit ! Enfin une Justicière qui prend la Défense des opprimés en culottes courtes ! Réglant le compte à ce genre de petites pestes, qui ont pourri les cours de récré !
    Justice est rendue !
    Récit fluide, spontané et vivant, ça été que du plaisir à le lire !
    Merci beaucoup Pierre.

  2. Chloé dit :

    Bonjour Pierre,
    Conte sublime, comme Anne-Sophie j’ai pris un immense à le lire et ressentant au fil de la lecture, se sentiment de justice envers tout ces garnements infâmes qui pourrissent celles des autres.
    Bravo Pierre
    Amitiés
    Chloé

  3. Maurice dit :

    Bonsoir Pierre,

    Magnifique récit. J’aurais aimé être dans cette classe, mais j’aurais profité de la situation. Quelle opportunité de consoler Eugènie en l’assurant qu’elle a étée injustement punie pour quelques espiègleries ! Là j peux même la défendre des moqueries qui l’attaquent et j’ai comme amie la plus jolie des petites gueules d’ange.

    Bon, j’admets que mon idée ne plaira pas à tous, mais c’est ça qui pimente.

    Amitiés

    Maurice

  4. Chris.B dit :

    Très bon récit. Laurent et sa camarade furent vengés.
    Comment va réagir la mère de cette Eugénie pour le mot de la maitresse et comment sera sa réaction en voyant la rougeur des fesses causée par les mains parentales de Laurent.
    Eugénie va avoir plus de fessées durant une journée que durant une année.

    • Pierre dit :

      Bonjour Chris,
      Merci pour ce commentaire. J’ai hésité à aborder la réception maternelle d’Eugénie mais je me suis dit que trois fessées en une journée, cela faisait tout de même beaucoup. Il ne faut pas se montrer trop glouton :) et puis Mme Ducrot n’y aurait plus eu de rôle à jouer.
      Amitiés.
      Pierre.

Laisser un commentaire

Le journal de L & M |
Un mâle... des mots |
Desirlove |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Peter Capek
| Gregescortme
| La Maid d'Eva